Origine et histoire de la Porte Calmont
La porte Calmont, édifiée entre les XIVe et XVe siècles, faisait partie de la seconde enceinte de Vannes, construite sous l’impulsion du duc Jean IV pour étendre et renforcer les défenses de la ville vers le sud. Elle reliait la ville close au quartier de Calmont, situé au sud-est, et était protégée par une tour à demi rasée, un double passage (charretier et piéton) commandé par des pont-levis à flèches, et des mâchicoulis aujourd’hui disparus. Son troisième niveau, aujourd’hui détruit, abritait une salle haute sous une toiture pointue, similaire à celle de la tour Trompette, avec un chemin de ronde couvert.
La porte perd son rôle stratégique après l’ouverture de la porte Saint-Vincent en 1624, conçue pour faciliter l’accès au port. Au XVIIe siècle, une écluse est aménagée devant la porte Calmont pour réguler le débit de la rivière de Vannes (la Marle), qui passe sous la place Gambetta via un canal souterrain. Au XVIIIe siècle, une famille vannetaise transforme la courtine nord en promenade menant à un pavillon adjacent à l’Hôtel Lagorce (ancien château de l’Hermine). La porte, fermée après 1624, est restaurée à plusieurs reprises, notamment en 1992, où une passerelle en bois est installée pour relier l’intra-muros à un square ombragé.
Les travaux modernes ont visé à préserver son accessibilité et son intégrité structurelle. En 2018-2019, la passerelle en bois, vétuste, est remplacée par une structure en fer forgé, et des aménagements (rejointoiement, pavement, suppression d’une marche) sont réalisés pour rendre le site accessible aux personnes à mobilité réduite. La porte Calmont, classée monument historique depuis 1927, illustre l’évolution des fortifications vannetaises, entre fonction défensive médiévale et réappropriation urbaine contemporaine.
Son histoire reflète les dynamiques de la ville : expansion démographique sous Jean IV, déclin stratégique après l’intégration de la Bretagne à la France (1532), et transformations liées à l’urbanisation des XVIIe et XIXe siècles. Les corbelets visibles sur la courtine témoignent d’un ancien corps de garde en encorbellement, tandis qu’un renfoncement sous la porte charretière suggère l’existence d’une porte dérobée, peut-être utilisée pour des fuites ou comme embarcadère pour de petites embarcations sur la Marle.
La porte Calmont s’inscrit dans un ensemble fortifié plus large, incluant des éléments comme la tour Trompette (incendiée en 1597) ou l’éperon de la Garenne (1626-1628), qui protégeaient l’accès sud-est. Son classement au titre des monuments historiques, aux côtés d’autres parties des remparts, souligne son importance patrimoniale dans une enceinte urbaine parmi les mieux conservées de Bretagne, malgré les destructions partielles des XIXe et XXe siècles.