Porte d'Aquitaine (non cadastré) : inscription par arrêté du 12 janvier 1931
Origine et histoire de la Porte d'Aquitaine
La porte d'Aquitaine, située à Bordeaux sur la place de la Victoire, fut construite au 2e quart du XVIIIe siècle pour remplacer les anciennes portes médiévales jugées inesthétiques. L’intendant Tourny souhaitait ériger un monument à l’image de la grandeur de Bordeaux, capitale de la Guyenne. L’arc, inspiré des arcs de triomphe antiques, marquait l’entrée symbolique et fiscale de la ville, à l’emplacement de l’ancienne porte Saint-Julien (1302), où convergeaient les routes du Languedoc et d’Espagne.
La construction débuta le 8 juin 1748 sous la direction de l’architecte Portier, avec des sculptures réalisées par Francin. Le monument fut nommé porte d’Aquitaine le 18 novembre 1753 en l’honneur du duc d’Aquitaine, second fils du Dauphin. Ornée des armes royales et des armes de la ville, elle était taillée dans une pierre de Saint-Macaire rosée, avec une arcade de 11 mètres de haut. Ses deux guichets latéraux, supprimés en 1902, servaient autrefois au contrôle fiscal.
Classée monument historique en 1931, la porte perdit son nom d’origine après la Seconde Guerre mondiale pour devenir la porte de la Victoire. Elle reste un symbole architectural majeur de Bordeaux, dominée par ses décors marins (dieux enlaçant des écussons) et végétaux (fruits et fleurs émergent d’une coupe). Son emplacement reliait autrefois la place d’Aquitaine (actuelle place de la Victoire) à une place plus petite, via la rue Entre-deux-places, longeant les anciens remparts.