Frise chronologique
1303
Première mention de l'oppidum
Première mention de l'oppidum
1303 (≈ 1303)
Citation d'une porte et d'un oppidum.
XIVe–XVe siècles
Construction de la porte
Construction de la porte
XIVe–XVe siècles (≈ 1550)
Période de construction initiale médiévale.
1574
Date gravée sur la porte
Date gravée sur la porte
1574 (≈ 1574)
Possible remaniement Renaissance.
1580
Début des nouveaux travaux
Début des nouveaux travaux
1580 (≈ 1580)
Démolition de la tour épiscopale.
1569–1592
Modernisation sous Jean IV
Modernisation sous Jean IV
1569–1592 (≈ 1581)
Adaptation aux armes à feu.
1675
Destruction par les troupes de Turenne
Destruction par les troupes de Turenne
1675 (≈ 1675)
Bombardement et pillage du château.
1772
Restauration de la porte
Restauration de la porte
1772 (≈ 1772)
Date inscrite sur la dalle.
1862
Échappe à la destruction
Échappe à la destruction
1862 (≈ 1862)
Conservation partielle de l'enceinte.
1929
Classement monument historique
Classement monument historique
1929 (≈ 1929)
Inscription par arrêté ministériel.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Porte de la Bruche : inscription par arrêté du 18 juin 1929
Personnages clés
| Jean I de Dirpheim - Évêque de Strasbourg (1306–1328) |
Renforce les fortifications existantes. |
| Jean IV de Manderscheid-Blanckenheim - Évêque de Strasbourg (1569–1592) |
Modernise les défenses pour l'artillerie. |
| Daniel Specklin - Ingénieur et architecte (1536–1589) |
Témoin des travaux de 1580. |
| Général Vaubrun - Commandant sous Turenne |
Responsable du bombardement de 1675. |
Origine et histoire
La porte de la Bruche est un vestige des fortifications médiévales de Dachstein, village du Bas-Rhin en Alsace. Construite entre les XIVe et XVe siècles, elle faisait partie d’une enceinte de 1 550 mètres entourant la ville et le château, haute de 8 à 9 mètres. Cette porte, de plan carré et couverte d’un toit à croupes, présente des éléments architecturaux médiévaux (arcs brisés, chaînes à bosses) et des ajouts Renaissance, comme une fenêtre et une partie supérieure rabaissée. Une dalle en grès porte des armoiries bûchées et des inscriptions latines, dont une date de rénovation (1772).
L’enceinte de Dachstein fut probablement édifiée au XIIIe siècle, avec une première mention d’un oppidum et d’une porte en 1303. L’évêque Jean I de Dirpheim (1306–1328) renforça les fortifications, modernisées plus tard sous Jean IV de Manderscheid-Blanckenheim (1569–1592) pour s’adapter aux armes à feu. La date de 1574, gravée sur la porte, pourrait correspondre à ces remaniements. En 1580, l’évêque fit démolir une tour épiscopale du XIIIe siècle pour construire de nouvelles défenses, comme le rapporte l’ingénieur Daniel Specklin dans ses Collectanae. Une dalle déplacée, aujourd’hui encastrée dans la tour de l’écluse, porte les armoiries de Jean IV et la date de 1580.
Les fortifications subirent des dommages majeurs lors des conflits des XVIIe et XVIIIe siècles. En 1675, les troupes de Turenne, commandées par le général Vaubrun, bombardèrent Dachstein, détruisant une partie des murs et du château. Au XVIIIe siècle, les portes furent restaurées (dates de 1747, 1772 et 1773 gravées), mais les fossés furent convertis en jardins et les remparts partiellement arasés en 1819. La porte de la Bruche, épargnée en 1862, conserve des traces de ces transformations, avec une partie inférieure médiévale et une supérieure Renaissance.
Aujourd’hui, la porte de la Bruche est le seul vestige notable de l’enceinte, avec quelques segments de mur conservés en clôture ou intégrés à des bâtiments. Le fossé est partiellement visible dans le parc du château neuf, tandis que deux tours rondes subsistent près du château vieux (propriété des Turckheim). Classée monument historique en 1929, la porte illustre l’évolution des techniques défensives, des fortifications médiévales aux adaptations pour l’artillerie.
Les dommages de la Seconde Guerre mondiale (1940–1945) ont également affecté le monument, bien que les sources ne précisent pas leur étendue. La porte, propriété de la commune, reste un témoignage de l’histoire mouvementée de Dachstein, marquée par des phases de destruction et de reconstruction liées aux conflits régionaux et aux besoins défensifs changeants.