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Porte de la Craffe de Nancy en Meurthe-et-Moselle

Patrimoine classé
Patrimoine urbain
Porte
Meurthe-et-Moselle

Porte de la Craffe de Nancy

    Grande-Rue
    54100 Nancy

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
milieu du XIVe siècle
Construction initiale
1463
Ajout des tours rondes
1477
Victoire de René II
1598
Construction des bastions
1616
Ajout du lanternon
1633
Transformation façade ville
1861
Restauration gothique
1886
Classement monument historique
2012-2013
Restauration majeure
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Jean Ier de Lorraine - Duc de Lorraine (1346-1390) Commanditaire de la porte au XIVe.
Raoul de Lorraine - Duc de Lorraine Effigie en bas-relief côté ouest.
Jean de Lorraine - Duc de Lorraine Effigie en bas-relief côté est.
Charles II de Lorraine - Duc victorieux en 1407 Bas-relief commémorant Champigneulles.
René II de Lorraine - Duc victorieux en 1477 Bas-relief commémorant la bataille.
Louis XIII - Roi de France Modifie la façade en 1633.
Commandant Trancart - Militaire restaurateur Rétablit le style gothique en 1861.

Origine et histoire

La porte de la Craffe, érigée au XIVe siècle sous le duc Jean Ier de Lorraine, constituait l’unique entrée nord de la ville-vieille de Nancy. Ce monument gothique, à la fois défensif et honorifique, se distingue par sa tour carrée centrale flanquée de deux tours rondes ajoutées en 1463, surmontées de toits coniques caractéristiques. La porte, ornée d’un arc brisé, d’une Vierge à l’Enfant (XIVe siècle), et de bas-reliefs des ducs Raoul et Jean, symbolise le pouvoir lorrain avec un chardon et une croix de Lorraine. Les mâchicoulis et les échauguettes renforcent son aspect militaire, tandis que des salles fortes dans les tours servirent de prison jusqu’au XIXe siècle.

Initialement nommée porte des Bordes (1380), son appellation actuelle viendrait soit du napolitain Caraffa (nom d’un gouverneur ou ingénieur), soit de l’allemand Kraft (« porte fortifiée »), ou des crampons architecturaux visibles. Sous René II (1477), un terre-plein extérieur et une porte Notre-Dame reliée par un tunnel furent ajoutés pour renforcer les défenses vers le faubourg des Trois Maisons. Au XVIe siècle, les tours reçurent leurs toits en poivrière, et une troisième porte (porte de la Citadelle) fut construite lors de l’édification des bastions Duc et Marquis (1598).

La porte connut des modifications majeures aux XVIIe et XIXe siècles. En 1616, un lanternon abritant une cloche de Saint-Epvre fut ajouté. Sous Louis XIII (1633), la façade côté ville fut transformée en style grec antique (fronton triangulaire, piliers doriques), avant d’être restaurée en 1861 dans son style gothique originel par le commandant Trancart. En 1870, deux portes piétonnes furent percées à la base des tours. Au XXe siècle, les salles abritèrent un musée d’instruments de torture, avant une restauration complète en 2012-2013 pour traiter les infiltrations d’eau et restaurer les parements en briques. Classée monument historique en 1886, elle est aujourd’hui flanquée de deux pavillons du XVIIIe siècle (inscrits en 1945).

Les bas-reliefs des ducs Charles II (vainqueur à Champigneulles en 1407) et René II (vainqueur à Nancy en 1477) rappellent les batailles clés de la Lorraine. La porte, symbole de la puissance ducale, servit de porte d’honneur jusqu’en 1610. Son architecture mêle pierre de taille et briques rouges, avec des murs épais de trois mètres, reflétant à la fois sa fonction défensive et son rôle cérémoniel dans l’histoire nancéienne.

Liens externes