Origine et histoire de la Porte de Paris
La porte de Paris, aussi appelée porte des malades, est une ancienne porte fortifiée de l’enceinte de Lille, transformée en arc de triomphe à la fin du XVIIe siècle pour commémorer l’entrée triomphale de Louis XIV en 1667 et le rattachement de la ville à la France. Initialement construite entre 1686 et 1694 par l’architecte Simon Vollant, elle remplaçait une porte médiévale du XIIIe siècle, la porte des malades, menant vers une léproserie extérieure. Ce monument, à la fois symbolique et défensif, glorifiait le Roi-Soleil par des sculptures allégoriques et des armoiries royales.
Au XIXe siècle, la porte perd son rôle militaire lors du démantèlement des fortifications lilloises vers 1860. Le corps de garde adjacent, datant du XVIIe siècle, est détruit, mais la porte elle-même est sauvée de la démolition grâce à l’intervention d’une commission dirigée par l’architecte Charles Garnier. Entre 1888 et 1892, Louis-Marie Cordonnier la complète par une façade intérieure et réaménage la place environnante (aujourd’hui place Simon-Vollant), lui donnant son aspect actuel. Classée monument historique dès 1875, elle incarne aujourd’hui un héritage à la fois militaire, royal et urbain.
La porte de Paris se distingue par sa double façade : côté campagne (sud), l’arc triomphal baroque de Vollant, orné de figures mythologiques (Mars, Hercule) et de trophées célébrant Louis XIV ; côté ville (nord), la façade néoclassique ajoutée par Cordonnier. Le monument, entouré de 24 grenades en fonte restaurées en 2018, symbolise aussi les transformations urbaines de Lille, notamment l’agrandissement de 1858 et la modernisation du quartier Saint-Sauveur. Son corridor voûté et son pont-levis rappellent son usage défensif passé.
Son histoire reflète les bouleversements de Lille : passage sous domination française en 1668 (traité d’Aix-la-Chapelle), suppression de la léproserie médiévale au XVIIe siècle, et intégration dans le tissu urbain moderne. La rue des malades, devenue rue de Paris puis rue Pierre-Mauroy, illustre cette évolution. Aujourd’hui, la porte de Paris, située près de la mairie et desservie par le métro, reste un emblème du patrimoine lillois, mêlant mémoire militaire, art baroque et histoire urbaine.