Origine et histoire de la Porte de Strasbourg
La porte de Strasbourg, située à Mutzig dans le Bas-Rhin, est l’unique vestige subsistant des trois portes de l’enceinte fortifiée médiévale. Datant de la fin du XIIIe ou du début du XIVe siècle, elle fut modifiée au fil des siècles : sa partie supérieure fut ajoutée après 1550, et sa toiture au XVIIe siècle. Elle était précédée d’un barbacane jusqu’en 1775, et servit de prison jusqu’à la Première Guerre mondiale. Une fresque représentant saint Maurice, peinte vers 1896, orne sa face extra-muros.
La porte, aussi appelée porte Saint-Maurice ou porte de Molsheim, fut classée monument historique en 1923. Sa structure combine des éléments défensifs (canonnières, logettes triangulaires) et des traces d’usages civils (cachot, corps de garde). La tour, en grès, montre un appareil soigné avec des pierres à bosses et coussinets. Son toit à croupes, surmonté d’un clocheton, date des remaniements ultérieurs.
L’enceinte originelle, construite sous Jean Ier de Dirpheim après 1308, s’appuyait sur les collines au nord et le canal de la Bruche au sud, incluant le château épiscopal. Les fortifications, entretenues au Moyen Âge, furent progressivement abandonnées à partir du XVIIIe siècle. La porte basse, vers Strasbourg, était doublée d’un ouvrage extérieur détruit en 1774, remplacé par une porte cochère monumentale, elle-même démolie en 1881. Les maisons adjacentes, servant de corps de garde, furent détruites en 1940.
La fresque actuelle, réalisée par Antoine Heitzmann en 1974, remplace une peinture antérieure de 1896. La porte haute, à l’ouest, fut détruite en 1836, tandis que la troisième porte, au sud vers Hermolsheim, disparut lors des transformations du château épiscopal aux XVIIe–XVIIIe siècles. Après 1834, la suppression des droits d’octroi accéléra la dégradation des murs, dont 32 mètres furent abattus illégalement en 1865.
Aujourd’hui propriété de la commune, la porte de Strasbourg témoigne de l’histoire militaire et urbaine de Mutzig, marquée par les conflits (guerres mondiales) et les adaptations architecturales. Son classement en 1923 souligne son importance patrimoniale dans le paysage alsacien.