Origine et histoire de la Porte
La porte de ville de Barran, édifiée au XVe siècle, est un ensemble fortifié implanté au nord de la rue principale de cette bastide. Elle se compose d’une tour-porte quasi carrée (7,70 x 7,40 m), précédée d’un pont enjambant un fossé en eau, et intégrée à une courtine aujourd’hui disparue. La tour, développée sur deux niveaux et un comble, présente un arc brisé à la porte, des rainures de herse, et trois culots sculptés côté intérieur, probablement destinés à supporter des statues et à renforcer la défense. Les arbalétrières, les corbeaux pour hourds, et un escalier en maçonnerie témoignent de son rôle militaire.
Le pont, à arche brisée aplatie, est bordé de parapets asymétriques : un côté simple, l’autre doté d’une arbalétrière et d’une porte à vantaux pour la défense. La tour et le pont, construits en moyen appareil de calcaire, datent du XIVe siècle selon les analyses maçonniques, bien que la source principale indique le XVe siècle. Le parapet, postérieur, s’appuie contre la tour, tandis que la partie haute de cette dernière a été remaniée (disparition des mâchicoulis, toit en pavillon ajouté). Les murs d’enceinte ont disparu, mais le fossé et le pont subsistent, illustrant l’évolution des fortifications urbaines.
Classée Monument Historique en 1944, la porte servait de point de contrôle et de défense pour la bastide. Son corridor voûté en berceau brisé menait à une salle de garde au-dessus de la voûte, où des traces de mâchicoulis sont encore visibles. Les reprises de maçonnerie en partie haute suggèrent des modifications ultérieures, mais sans preuve d’un crénelage d’origine. L’ensemble, propriété communale, reflète l’architecture défensive des bastides occitanes, adaptée aux conflits médiévaux.
La localisation de Barran, dans le Gers (Occitanie), place ce monument dans un contexte de bastides fondées pour structurer le territoire après la guerre de Cent Ans. Ces villes nouvelles, souvent dotées de remparts et de portes fortifiées, servaient à contrôler les échanges et à protéger les populations. La porte de Barran, avec son pont et son fossé, incarnait ainsi à la fois un symbole d’autorité et un dispositif pratique pour la sécurité des habitants et des marchandises.
Les matériaux utilisés (calcaire, tuiles creuses pour le toit) et les techniques (voûtes en berceau, arbalétrières) sont caractéristiques des fortifications rurales du sud-ouest de la France. L’absence de documents d’archives dans le texte source limite la connaissance des commanditaires ou des événements précis liés à sa construction, mais son inscription en 1944 souligne son importance patrimoniale. Aujourd’hui, le site reste un témoignage tangible de l’urbanisme défensif médiéval en Occitanie.