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Porte des Allemands de Metz en Moselle

Patrimoine classé Patrimoine défensif Patrimoine urbain Porte-de-ville

Porte des Allemands de Metz

  • Porte des Allemands
  • 57000 Metz
57000 Metz, Porte des Allemands

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
vers 1230
Début de la construction
1267
Première mention écrite
1445
Ajout du châtelet
1480-1550
Fortification du pont
1526-1531
Fausse braie et caponnière
1552
Siège de Metz
1674
Modification par Vauban
1858-1860
Première restauration
1891-1892
Restauration allemande
1944
Destruction du pont
1966
Classement monument historique
2013-2014
Rénovation majeure
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Henry de Busdorff - Maître d’œuvre en 1445 Dirige la construction du châtelet.
Philippe d’Esch - Maître-échevin et gouverneur Supervise les travaux (1526-1531).
François de Guise - Général français Détruit l’hospice teutonique en 1552.
Vauban - Ingénieur militaire Ajoute une porte secondaire en 1674.
Paul Tornow - Architecte allemand Restaure la porte en 1891-1892.
Jean-Louis de Nogaret de La Valette - Gouverneur de Metz Blason découvert lors des restaurations.

Origine et histoire de la Porte des Allemands

La porte des Allemands, édifiée vers 1230 à Metz, est une porte-forteresse médiévale intégrée aux remparts de la ville. Elle servait à la fois de porte d’entrée et de pont fortifié sur la Seille, contrôlant l’accès oriental de la cité. Son architecture combine des éléments défensifs (tours, mâchicoulis, créneaux) et des aménagements successifs reflétant l’évolution des techniques militaires entre le XIIIe et le XVIe siècle. Elle doit son nom aux chevaliers teutoniques installés à proximité, dont l’hospice fut détruit en 1552.

La construction débute par deux tours rondes au XIIIe siècle, suivies d’un châtelet ajouté en 1445 sous la direction de Henry de Busdorff pour renforcer la défense du pont. Entre 1480 et 1550, le pont est fortifié avec des bretèches et des échauguettes, tandis que Philippe d’Esch supervise en 1529 l’ajout de voûtes cintrées et d’un escalier à double hélice. Une fausse braie et une caponnière, décorées de bas-reliefs, sont construites entre 1526 et 1531. Après le siège de 1552, l’ensemble est consolidé, marquant la fin des modifications majeures.

Au XVIIe siècle, Vauban ajoute une porte secondaire, aujourd’hui disparue. Les restaurations des XIXe et XXe siècles (1858-1860, 1891-1892) modifient partiellement son apparence, notamment par l’architecte allemand Paul Tornow, qui introduit des éléments néogothiques. Le pont adjacent, détruit en 1944, est reconstruit plus loin. Entre 2013 et 2014, une rénovation majeure permet d’ouvrir le site au public, révélant des blasons historiques et modernisant les espaces (ascenseur, salles Renaissance, terrasse scénique).

Initialement porte défensive médiévale, le monument perd son utilité militaire à l’époque moderne mais est préservé grâce à l’intervention d’érudits locaux au XIXe siècle. Transformée en musée en 1900, elle abrite alors des collections archéologiques, des documents historiques et des objets liés à Metz, dont une guillotine du XVIIIe siècle. Classée monument historique en 1966, elle incarne aujourd’hui le patrimoine militaire messin et accueille des événements culturels.

Son nom évoque les chevaliers teutoniques, ou Frères hospitaliers de Notre-Dame-des-Allemands, établis près de la porte avant leur départ en 1552. L’édifice illustre aussi les conflits locaux, comme le siège de Metz en 1552 où François de Guise détruit leur hospice. Les inscriptions gothiques (1445, 1529) et les sculptures zoomorphes du XVIe siècle témoignent de son riche passé artistique et stratégique, tandis que les restaurations récentes en font un lieu vivant, mêlant histoire et modernité.

Liens externes

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