Patrimoine classé
Porte-prison et tour y attenant : classement par arrêté du 2 mai 1912 ; Remparts (éperon de la Garenne) (cad. K8 1745) : inscription par arrêté du 10 décembre 1925 ; Tour Trompette et partie des remparts (cad. K8 1824) : inscription par arrêté du 23 mai 1927 ; Tour du Connétable et parties de remparts attenantes (cad. K 1735 à 1738) : classement par arrêté du 28 mai 1927 ; Tour dite Tour des Filles et portion des anciens remparts lui faisant suite vers l'Est (cad. K 1662p, 1663) : classement par arrêté du 29 juillet 1927 ; Anciens remparts ; porte Calmont (cad. K 1725 à 1729, 1800, 1820, 1820bis) : classement par arrêté du 29 juillet 1927 ; Partie des remparts, dont la Tour Joliette (cad. K 1712, 1724) : classement par arrêté du 16 mai 1928 ; Porte Poterne ; terrasse et portion des remparts (cad. K 1744) : classement par arrêté du 28 juillet 1928 ; Terrains compris entre les remparts, la rue Porte-Poterne et le ruisseau de la Garenne (cad. K8 1746, 1741, 1742) : classement par arrêté du 28 juillet 1928 ; Porte Saint-Vincent : classement par arrêté du 11 octobre 1928 ; Soubassement de la tour gauche qui flanque la Porte-prison (cad. K 1704) : classement par arrêté du 24 mars 1936 ; Partie de la Porte-prison acquise par la ville : classement par arrêté du 30 novembre 1936 ; Partie des remparts (cad. K 1705) : classement par arrêté du 15 janvier 1942 ; Partie des remparts allant de la Porte-prison à la Porte Saint-Jean (cad. K8 1630, 1631, 1633 à 1636, 1678) : classement par arrêté du 26 novembre 1956 ; Porte Saint-Jean, rue Brizeux (lettre B'du plan d'ensemble entre les parcelles K8 1631 et 1632) : classement par arrêté du 26 novembre 1956 ; Tour Poudrière et parties attenantes des remparts (cad. K8 1730 à 1732) : classement par arrêté du 26 novembre 1956 ; Partie des remparts allant du bastion Notre-Dame à la rue Saint-Salomon (cad. K8 1601, 1586, 1587, 1576, 1577, 1546 à 1548) : classement par arrêté du 26 novembre 1956 ; Murailles auxquelles est accolé le bastion dit Notre-Dame, rue Emile-Burgault (cad. K8 1600) : inscription par arrêté du 27 novembre 1956 ; Bastion dit Eperon de la Haute-Folie ; bastion dit de Gréguenic et sa porte ; courtine reliant ces deux bastions (cad. K8 1876, 1877, 1861, 1863) : inscription par arrêté du 7 mars 1958 ; Tour dite Saint-François, partie des remparts y attenant et partie des murs dits sarrazins (cad. K8 1956, 1957) : inscription par arrêté du 7 mars 1958
Personnages clés
| Jean II - Duc de Bretagne |
Commanditaire de la porte initiale |
| Jean IV - Duc de Bretagne |
Agrandit et renforce la porte |
| Jean V - Duc de Bretagne |
Rehausse les parties hautes |
| Pierre-René Rogue - Prêtre réfractaire |
Emprisonné pendant la Révolution |
| Francis Decker - Maire de Vannes (1950) |
Initie la mise en valeur des remparts |
Origine et histoire de la Porte Prison
La Porte Prison de Vannes, intégrée aux remparts de la ville, est un ouvrage défensif dont les origines remontent au XIIIe siècle sous le règne du duc Jean II. Initialement nommée porte Saint-Patern, elle est renforcée au XIVe siècle par Jean IV avec l’ajout d’un pont-levis, d’une poterne et d’une barbacane. Ses mâchicoulis bretons et ses canonnières, ajoutés aux XVe et XVIe siècles, reflètent l’adaptation aux progrès de l’artillerie. La porte tire son nom actuel de son usage comme prison pendant la Révolution, où furent incarcérés des prêtres réfractaires et des royalistes, comme l’état-major des émigrés de Quiberon (1795).
Partiellement détruite en 1886 pour élargir une rue, sa démolition totale, envisagée en 1911, provoque la mobilisation des habitants. La création de La Société des Amis de Vannes permet son rachat par la municipalité et son classement aux Monuments Historiques en 1912, marquant le début d’une politique de préservation des remparts. La porte, restaurée à plusieurs reprises (notamment en 2010-2012), symbolise aujourd’hui la résistance du patrimoine vannetais face aux transformations urbaines.
Architecturalement, la Porte Prison se compose d’une tour ronde en granite flanquée d’un corps de bâtiment rectangulaire, avec une porte charretière à arc brisé et un passage piéton en chicane. Ses parties hautes, rehaussées sous Jean V, abritaient un système de double pont-levis. Un écusson martelé à la Révolution, probablement aux armes de Bretagne, témoigne de son passé ducal. La tour sud, partiellement démolie au XIXe siècle, a laissé place à un immeuble, mais son soubassement et son parement extérieur subsistent.
Intégrée à un réseau défensif plus large, la porte s’inscrit dans l’histoire mouvementée de Vannes, marquée par les conflits bretons (guerre de Succession, guerres de la Ligue) et les aménagements urbains des XVIIe et XVIIIe siècles. Son sauvetage au début du XXe siècle illustre la prise de conscience patrimoniale, tandis que ses restaurations récentes (étanchéité, maçonneries) en font un lieu accessible au public, ancré dans le secteur sauvegardé de la vieille ville.
La Porte Prison est indissociable des remparts de Vannes, dont les trois quarts sont encore conservés. Ces fortifications, initiées à l’époque romaine (IVe siècle) et remaniées jusqu’au XVIIe siècle, ont joué un rôle clé dans la défense de la cité, notamment lors des sièges médiévaux et des guerres de Religion. Leur protection progressive (classements de 1912 à 1958) et leur mise en valeur (jardins, expositions) en ont fait un symbole touristique et identitaire pour la Bretagne.