Construction de la poste 1935 (≈ 1935)
Date portée sur la lucarne, édifice inauguré.
21 novembre 1995
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique 21 novembre 1995 (≈ 1995)
Protection des façades et intérieurs publics.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures ; à l'intérieur, partie conçue pour l'accueil du public (entrée, hall avec guichets et cabines téléphoniques) (cad. AC 49) : inscription par arrêté du 21 novembre 1995
Personnages clés
Pierre-Jack Laloy - Architecte régional des PTT
Concepteur du bâtiment, style régionaliste.
Isidore Odorico - Céramiste et mosaïste
Auteur des décors intérieurs en mosaïque.
Origine et histoire
La poste de Tréguier, construite au 2e quart du XXe siècle (1935), occupe un emplacement triangulaire à l’angle des rues Saint-André et Stanco. Son architecture, signée par Pierre-Jack Laloy (architecte régional des PTT depuis 1923), mêle régionalisme et influences Art déco, visibles dans les détails comme les grilles en fer forgé ou les lucarnes aux formes variées. L’édifice, en granite à bossages rustiques, arbore une façade principale traitée comme un frontispice, surmontée d’un fronton à volutes orné du blason de Tréguier. Les inscriptions « POSTE », « TELEGRAPHE », « TELEPHONE » soulignent sa vocation polyvalente, typique des hôtels des Postes de l’entre-deux-guerres.
Le décor intérieur, conçu pour l’accueil du public, est remarquable par ses mosaïques réalisées par Isidore Odorico, associant pâte de verre et grès cérame. Les sols, lambris et guichets déclinent des motifs géométriques et des dégradés de gris, tandis que le hall conserve un tapis mosaïqué portant l’inscription « PTT ». L’agencement d’origine subsiste : tambour anti-courants d’air, cabines téléphoniques en menuiserie, bureau du receveur et boîtes postales. Classé Monument Historique en 1995 pour ses façades, toitures et espaces publics intérieurs, le bâtiment illustre l’alliance entre modernité technique (télécommunications) et artisanat d’art dans l’architecture publique des années 1930.
La construction s’inscrit dans un contexte de développement des services postaux en Bretagne, où Tréguier, ville historique et sous-préfecture des Côtes-d’Armor, bénéficiait d’une position stratégique. Le choix d’un style régionaliste, tout en intégrant des éléments Art déco, reflète une volonté de marquer l’ancrage local tout en adoptant les codes esthétiques contemporains. L’absence de modifications majeures depuis 1935 en fait un témoignage intact de cette époque, où les hôtels des Postes incarnaient à la fois un service public essentiel et une vitrine architecturale pour les petites villes.