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Prieuré de Drevant dans le Cher

Patrimoine classé
Patrimoine religieux
Prieuré
Eglise romane
Cher

Prieuré de Drevant

    1 Place de l'Église
    18200 Drevant
Propriété privée
Prieuré de Drevant Façade ouest Auteur : Mieusement, Médéric photographe Date : 1891.06
Prieuré de Drevant
Prieuré de Drevant
Prieuré de Drevant
Prieuré de Drevant
Prieuré de Drevant
Prieuré de Drevant

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1700
1800
1900
2000
1055
Acte de donation
1181
Bulle papale
1712
Incendie et reconstruction
1791
Vente comme bien national
1926
Classement de la façade
2015
Intégration à la FESC
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façade (cad. AN 119) : inscription par arrêté du 2 mars 1926

Personnages clés

Ébraud et Guillaume de Saint-Amand - Donateurs Cèdent le domaine à l'abbaye en 1055.
Aimon de Bourbon - Archevêque de Bourges Autorise la donation en 1055.
Raoul du Chaîne - Chevalier Cède une dîme en 1189 avant la croisade.
Lucius III - Pape Confirme la propriété du prieuré en 1181.
Jean Elie de Nesmond - Dernier prieur commandataire Dirige le prieuré avant 1791.

Origine et histoire

Le prieuré de Drevant, fondé au XIIe siècle, est un monastère bénédictin dépendant initialement de l'abbaye du Moutier-d'Ahun (Creuse). À l'origine église primitive dédiée à saint Julien, il devient un prieuré-cure en 1055 grâce à un acte de donation signé par Ébraud et Guillaume de Saint-Amand, sous l'autorité d'Aimon de Bourbon, archevêque de Bourges. Ce site, construit partiellement sur des fondations antiques, conserve un chœur roman à chevet plat et une façade ouvragée, symbole de son importance historique.

Le prieuré joue un rôle central dans la structuration du village de Drevant et dans l'économie locale, notamment grâce à la culture de la vigne sur les coteaux du Cher. Les moines y perçoivent des redevances en vin, grains et argent, envoyant annuellement 50 poinçons de vin à l'abbaye mère. Le domaine inclut terres, port sur le Cher, pressoirs et droits seigneuriaux sur plusieurs villages avoisinants. En 1181, une bulle papale de Lucius III confirme sa propriété au Moutier-d'Ahun, et en 1189, le chevalier Raoul du Chaîne y cède une dîme.

Au fil des siècles, le prieuré subit des transformations majeures : unification à la mense abbatiale en 1329, reconstruction de la charpente après un incendie en 1712, et vente comme bien national en 1791. Transformé en atelier et habitation, il conserve cependant son chœur roman et sa façade, classée en 1926. Depuis 2015, il est intégré à la Fédération européenne des sites clunisiens et labellisé pour ses actions culturelles, célébrant en 2025 les 970 ans de sa donation.

La façade, chef-d'œuvre de l'art roman berrichon, se distingue par ses trois arcatures en plein-cintre, ses chapiteaux historiés (têtes barbes, animal renversé) et ses modillons polychromes. Elle témoigne d'une recherche expressive rare, avec des motifs géométriques et une rose sculptée. Les fouilles archéologiques (1974, 1978) ont révélé une nécropole médiévale, des sarcophages mérovingiens et des vestiges gallo-romains, confirmant une occupation continue depuis le IIIe siècle.

Aujourd’hui, le prieuré de Drevant est un lieu vivant, animé par le CRHEA (Cercle de recherches historiques et expression artistique), qui organise expositions et événements culturels. Classé sur un itinéraire européen par le Conseil de l'Europe, il incarne le patrimoine clunisien et l’héritage monastique du Berry. Ses propriétaires actuels ont restauré le site en 1974 et 2011, préservant ainsi un monument clé de l’histoire religieuse et viticole de la région.

Liens externes