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Prison de la Force (restes de la) à Paris 1er dans Paris

Paris

Prison de la Force (restes de la)

    3 Impasse de la Planchette
    75004 Paris 4e Arrondissement
Prison de la Force restes de la
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Crédit photo : Marlet - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1533
Construction de l’hôtel de La Force
1780
Transformation en prison
septembre 1792
Massacres de septembre
1845
Démolition de la prison
11 décembre 1935
Classement des vestiges
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Prison de la Force (restes de la) : inscription par arrêté du 11 décembre 1935

Personnages clés

Louis XVI - Roi de France Acheta l’hôtel pour en faire une prison modèle.
Princesse de Lamballe - Noble proche de Marie-Antoinette Assassinée lors des Massacres de septembre.
John Howard - Réformateur carcéral anglais Inspira les améliorations de la prison en 1780.
Pierre-Jean de Béranger - Chansonnier engagé Détenu en 1828 pour opposition à Charles X.
Jacques Nompar de Caumont - Duc de La Force Donna son nom à l’hôtel puis à la prison.
Eugène Sue - Écrivain romantique Décrivit la prison dans *Les Mystères de Paris*.

Origine et histoire

La prison de la Force trouve son origine dans l’hôtel particulier du duc de La Force, construit au XVIe siècle sur les ruines d’un palais médiéval ayant appartenu à Charles d’Anjou, frère de Saint Louis. En 1698, l’hôtel fut divisé en deux parties : l’hôtel de Chavigny (actuelle caserne de pompiers de la rue de Sévigné) et l’hôtel de La Force. Ce dernier, racheté par l’État en 1754 après divers propriétaires, fut transformé en 1780 en une maison de détention moderne sous Louis XVI, en réponse aux critiques sur l’insalubrité des prisons parisiennes comme For-l’Évêque ou le Petit-Châtelet. La prison fut divisée en deux sections : la Grande-Force pour les hommes et la Petite-Force pour les femmes, avec des aménagements inédits pour l’époque (cours de promenade, infirmeries séparées, dortoirs aérés).

Durant la Révolution française, la prison devint un symbole des excès de la Terreur. En septembre 1792, lors des Massacres de septembre, des centaines de détenus politiques y furent sommairement jugés et exécutés, dont la princesse de Lamballe, proche de Marie-Antoinette. La prison abritait alors des opposants au régime, des nobles, mais aussi des délinquants de droit commun. Sous le Directoire et l’Empire, elle conserva sa réputation de rigueur, accueillant des prisonniers politiques comme le général Malet ou des députés girondins. Les conditions, bien que meilleures qu’ailleurs, restaient dures, avec des cachots critiqués pour leur insalubrité.

Au XIXe siècle, la prison de la Force devint un lieu de détention pour les opposants politiques (comme Béranger sous Charles X) et les prostituées, ces dernières étant regroupées dans la Petite-Force à partir de 1828. Malgré des aménagements successifs, le bâtiment, vétuste, fut finalement démoli en 1845 et remplacé par la prison Mazas. Il n’en subsiste aujourd’hui qu’un pan de mur rue Malher et une fenêtre murée dans la cour de la caserne de Sévigné, classés monuments historiques en 1935. La prison a marqué la mémoire collective, inspirant des œuvres littéraires comme Les Misérables de Victor Hugo ou Le Comte de Monte-Cristo de Dumas.

La prison de la Force fut aussi un lieu de réformes pénitentiaires pionnières au XVIIIe siècle, inspirées par des penseurs comme John Howard. Les registres de l’époque montrent une volonté d’humaniser les conditions de détention (nourriture régulière, séparation des sexes, espaces de promenade), bien que ces efforts aient été limités par la surpopulation et les crises politiques. Sous la Restauration, elle servit à réprimer les opposants bonapartistes ou républicains, reflétant les tensions sociales de l’époque. Son héritage architectural et historique en fait un témoin clé des évolutions carcérales en France.

Dans la culture populaire, la prison est associée à des figures célèbres comme Évariste Galois (mathématicien incarcéré brièvement en 1832) ou des criminels notoires comme Lacenaire. Les écrivains romancèrent son atmosphère, entre misère et grandeur, comme Eugène Sue dans Les Mystères de Paris ou Balzac dans Splendeurs et Misères des courtisanes. Les vestiges actuels, bien que minimes, rappellent son rôle central dans l’histoire judiciaire et révolutionnaire de Paris, entre réformes éclairées et violences politiques.

Liens externes