Exactions allemandes 26-28 juin 1944 (≈ 27)
Incendie partiel et 27 fusillés sous l’église.
1945-1946
Reconstruction du village
Reconstruction du village 1945-1946 (≈ 1946)
Dirigée par le Ministère de la Reconstruction.
août 1946
Installation famille Roumier
Installation famille Roumier août 1946 (≈ 1946)
Première occupation de la baraque.
4 mars 2021
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique 4 mars 2021 (≈ 2021)
Inscription en totalité de la baraque.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
En totalité, la baraque de logement d’urgence situé sur la parcelle n°82, figurant au cadastre section ZT, délimitée sur l’extrait du plan cadastral annexé à l’arrêté : inscription par arrêté du 4 mars 2021
Personnages clés
Yvon Le Cornec - Architecte-reconstructeur
Conçoit les plans des baraques d’urgence.
Origine et histoire
La baraque de logement d’urgence de Dun-les-Places est un édifice simple et fonctionnel, construit en réponse aux destructions subies par le village lors des exactions allemandes des 26, 27 et 28 juin 1944. Pendant ces trois jours, le bourg fut partiellement incendié et 27 hommes fusillés sous le porche de l’église. Ces événements valurent à Dun-les-Places le statut de « commune sinistrée » et de « village-martyr », marquant profondément son histoire locale et sa mémoire collective.
La reconstruction du village fut confiée au Ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme, qui désigna l’architecte Yvon Le Cornec (1910-1957) pour superviser les travaux. Face à la pénurie de matériaux et à l’absence de baraquements disponibles, ce dernier conçut des plans de baraques d’urgence, adaptées aux ressources limitées. Ces constructions, prévues pour être réalisées en une semaine, utilisaient des matériaux modestes ou de récupération : ossature en bois, murs en briques enduites, bardage en bois goudronné, et toit en fibrociment. Malgré ces contraintes, la baraque destinée à la famille Roumier ne fut livrée qu’après huit mois de travaux, en août 1946.
Architecturalement, la baraque se distingue par son plan rectangulaire sur un seul niveau, reposant sur des fondations en ciment. Son aspect rustique reflète les conditions difficiles de l’après-guerre, où l’urgence primait sur l’esthétique. Classée Monument Historique par arrêté du 4 mars 2021, elle symbolise aujourd’hui la résilience des populations civiles face aux traumatismes de la guerre. La parcelle n°82, sur laquelle elle est implantée, est clairement délimitée au cadastre (section ZT), soulignant son importance patrimoniale.
Le contexte historique de Dun-les-Places s’inscrit dans celui, plus large, des villages français détruits pendant la Seconde Guerre mondiale. La reconstruction, souvent menée sous l’égide de l’État, visait à redonner une dignité aux sinistrés tout en effaçant partiellement les stigmates des violences subies. Les baraques d’urgence, comme celle conçue par Yvon Le Cornec, jouèrent un rôle clé dans cette transition, offrant un abri temporaire avant la reconstruction définitive des habitations. Leur préservation actuelle témoigne de cette période charnière, entre destruction et renaissance.