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Remparts d'Uzès dans le Gard

Patrimoine classé Tour Patrimoine défensif Rempart
Remparts dUzès
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Remparts dUzès

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1600
1700
1800
1900
2000
1242
Acquisition de la tour de l’Évêque
XIIe siècle
Construction des trois tours
1274
Vente de la tour du Roi
1629
Démolition partielle des remparts
XVIIe siècle
Aménagement d’une chapelle
1800
Construction des prisons
1979
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Bermond Ier d'Uzès - Seigneur d'Uzès Partage les trois tours entre ses fils (1174).
Louis XIII - Roi de France Ordonne la démolition partielle des remparts (1629).
Michel Poncet de la Rivière - Évêque d'Uzès (1677-1728) Bâtisseur et restaurateur des édifices religieux post-Révocation.
Marquise de Crussol - Duchesse d'Uzès (XXe siècle) Joue un rôle clé dans la restauration du patrimoine uzétien.

Origine et histoire

Les remparts d'Uzès, situés dans le Gard en région Occitanie, s’inscrivent dans une histoire urbaine marquée par des fortifications successives. Leur origine remonte au moins au XIIe siècle, période où trois tours distinctes sont attestées : la tour du Roi, la tour de l’Évêque et la tour Bermonde (ou ducale). Ces tours symbolisaient les trois pouvoirs coexistants à Uzès – royal, épiscopal et seigneurial – et étaient intégrées à une enceinte défensive construite au XIIIe siècle. Ce système fortifié isolait le cœur politique et religieux de la ville, reflétant les tensions entre les autorités locales et les ambitions centralisatrices de la couronne.

Au fil des siècles, les remparts ont été adaptés aux besoins stratégiques et judiciaires. Dès 1242, la tour de l’Évêque est acquise par l’évêché et transformée partiellement en prison, tandis que la tour du Roi, vendue en 1274, sert également de lieu de détention. Au XVIIe siècle, une chapelle est aménagée dans la tour du Roi, ornée de peintures en trompe-l’œil, illustrant une évolution vers des usages moins militaires. Les prisons, construites vers 1800 près des remparts, restent en activité jusqu’au XXe siècle, témoignant de la pérennité de ces structures dans la vie quotidienne.

Les remparts ont aussi été le théâtre des conflits religieux qui ont marqué Uzès. Pendant les guerres de Religion au XVIe siècle, la ville, majoritairement protestante, subit des destructions massives, dont celle de la cathédrale en 1563. Les fortifications, renforcées par les consuls pour protéger les citoyens, deviennent un enjeu stratégique face aux troupes catholiques. En 1629, Louis XIII ordonne la démolition partielle des défenses extérieures après la reddition d’Uzès, marquant la fin des révoltes huguenotes et l’affirmation de l’autorité royale. Cette décision symbolise la transition vers une ère de paix relative, où les remparts perdent progressivement leur rôle militaire.

Au XIXe siècle, les remparts, jugés obsolètes, sont partiellement détruits pour moderniser la ville. La tour de l’Horloge est ajoutée en 1831 sur la tour de l’Évêque, tandis que les fossés sont comblés en 1725 pour créer des promenades. Ces transformations reflètent un changement de priorités : la salubrité et l’esthétique urbaine priment désormais sur la défense. Malgré ces modifications, les vestiges des remparts, classés Monument Historique en 1979, restent un témoignage tangible de l’histoire mouvementée d’Uzès, entre conflits féodaux, guerres de Religion et intégration au royaume de France.

Aujourd’hui, les remparts d’Uzès, avec leurs trois tours emblématiques, incarnent la mémoire d’une cité où se sont entrecroisés pouvoirs politiques, religieux et économiques. Leur préservation, initiée dans les années 1960 avec le classement en secteur sauvegardé, permet de comprendre l’évolution d’une ville médiévale devenue un joyau patrimonial de l’Occitanie. Les fouilles archéologiques récentes, comme la découverte d’un cromlech néolithique en 2019, rappellent aussi que l’histoire d’Uzès précède largement ses fortifications, s’enracinant dans une occupation humaine millénaire.

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