Frise chronologique
1212
Destruction de Saint-Marcel
Destruction de Saint-Marcel
1212 (≈ 1212)
Incendie par Simon IV de Montfort pendant la croisade.
4 novembre 1222
Charte communale de Raimond VII
Charte communale de Raimond VII
4 novembre 1222 (≈ 1222)
Franchises accordées pour peupler Cordes.
1227
Siège d’Imbert de Beaujeu
Siège d’Imbert de Beaujeu
1227 (≈ 1227)
Échec après trois jours d’attaque.
1229
Achèvement des deux premières enceintes
Achèvement des deux premières enceintes
1229 (≈ 1229)
Protection initiale du « Fort ».
1271
Rattachement au domaine royal
Rattachement au domaine royal
1271 (≈ 1271)
Mort d’Alphonse de Poitiers sans héritier.
1350
Déclin après la peste noire
Déclin après la peste noire
1350 (≈ 1350)
Fin de l’âge d’or de Cordes.
1435
Pillage par les troupes royales
Pillage par les troupes royales
1435 (≈ 1435)
Conflit épiscopal d’Albi.
XIVe siècle (milieu)
Construction de la 5e enceinte
Construction de la 5e enceinte
XIVe siècle (milieu) (≈ 1450)
Extension vers le quartier de la Bouteillerie.
1568
Prise par les protestants
Prise par les protestants
1568 (≈ 1568)
Incendie de la porte de la Jane.
1923–1962
Classements monuments historiques
Classements monuments historiques
1923–1962 (≈ 1943)
Protection des portes et remparts.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Remparts crénelés : partie située près de la porte de la Jane : inscription par arrêté du 24 octobre 1927
Personnages clés
| Raimond VII - Comte de Toulouse |
Fonda Cordes et accorda sa charte en 1222. |
| Simon IV de Montfort - Chef croisé |
Détruisit Saint-Marcel en 1212. |
| Imbert de Beaujeu - Connétable de France |
Assiégea Cordes en 1227. |
| Alphonse de Poitiers - Époux de Jeanne de Toulouse |
Héritier du comté jusqu’en 1271. |
| Philippe III le Hardi - Roi de France |
Confirma les privilèges en 1282. |
| Charles Portal - Historien local |
Estima la population à 5 000 habitants. |
Origine et histoire
Les remparts de Cordes-sur-Ciel ont été construits pour protéger la ville nouvelle fondée au XIIIe siècle par Raimond VII, comte de Toulouse, après la destruction de Saint-Marcel lors de la croisade des Albigeois. La charte communale de 1222, accordant des franchises exceptionnelles (exemptions fiscales, droits de chasse, liberté testamentaire), attira rapidement une population nombreuse. La ville, dotée de deux enceintes initiales terminées vers 1229, résista avec succès au siège d’Imbert de Beaujeu en 1227, démontrant son rôle stratégique dans les conflits entre le comte de Toulouse et la couronne de France.
Au XIVe siècle, la prospérité de Cordes entraîna l’extension des fortifications avec une troisième enceinte, puis une quatrième pour englober les faubourgs (Notre-Dame, Al Rousse). Les remparts, adaptés à la topographie escarpée du puech (colline dominant le Cérou et l’Aurausse), comprenaient des portes décalées, des portanels, et des lices étroites. La porte de l’Horloge (XVIe siècle) et la Barbacane (Est) sont parmi les vestiges encore visibles. La ville, passée sous contrôle royal après 1271, connut un âge d’or jusqu’à la peste noire et la guerre de Cent Ans, qui décimèrent sa population estimée à 5 000 habitants.
Les remparts furent témoins de conflits religieux et politiques : pillage en 1435 pendant la querelle épiscopale d’Albi, prise par les protestants en 1568 (incendie de la porte de la Jane), et épidémies de peste (1589, 1629-1632). Classés ou inscrits aux monuments historiques entre 1910 et 1962, ces vestiges (propriété de la SAVC) illustrent l’évolution défensive d’une bastide médiévale, aujourd’hui emblème du patrimoine occitan.
La juridiction de Cordes s’étendait sur 33 localités, reflétant son importance administrative dans la sénéchaussée d’Albigeois, puis de Toulouse. Les privilèges urbains, confirmés par Philippe III (1282) et Philippe VI (1332), permirent une autonomie relative, avec un système consulaire réduit à quatre membres en 1389. Les coutumes locales, codifiées sous Charles V (1374), soulignent le statut particulier de cette cité, où commerce, artisanat et activités judiciaires coexistaient avec une forte identité communautaire.
L’architecture des remparts, marquée par des adaptations successives (5e enceinte au milieu du XIVe siècle), répondait aux besoins d’une population en croissance et aux menaces extérieures. Les portes conservées (Ormeaux, du Vainqueur, de Rous) et les tours crénelées témoignent des techniques militaires médiévales. Après 1350, le déclin démographique et économique, accentué par les guerres et les épidémies, transforma Cordes en une ville fortifiée moins dynamique, mais dont le patrimoine défensif reste un exemple remarquable d’urbanisme médiéval en Occitanie.