Origine et histoire des remparts
Les remparts de Fos-sur-Mer font partie intégrante du château médiéval de la ville, édifié au XIVe siècle. Ce château, propriété des vicomtes de Marseille, occupait une position stratégique majeure : il contrôlait l’accès aux salins et aux pêcheries de l’étang de Berre, ainsi qu’une voie essentielle reliant Marseille à Arles. Son emplacement dominant permettait aussi de surveiller une bande littorale longue de 25 km, incluant des terres agricoles et des églises rurales comme Saint-Julien.
Au haut Moyen Âge, le site était déjà un lieu de pouvoir, avec des silos à grains et des sépultures découverts sur le versant oriental du château. Ces vestiges, similaires à ceux trouvés près de la chapelle Notre-Dame-de-la-Mer, suggèrent une occupation ancienne et continue. Le château devint le fief des seigneurs de Fos, famille locale ayant acquis son influence grâce à la garde de ce site stratégique conférée par l’archevêque d’Arles au Xe siècle.
Les remparts, classés monument historique depuis le 21 avril 1937, sont les témoins muets des conflits qui ont marqué la région. Au XIe siècle, les seigneurs de Fos, comme Pons IV, participèrent à la première croisade aux côtés du comte de Toulouse. Leur résistance répétée à l’autorité comtale provençale, notamment en 1018 et 1056, illustre l’importance géopolitique du site. Le château et ses remparts furent aussi le théâtre de guerres locales, comme celle opposant les Fos aux vicomtes de Marseille en 1020.
La période médiévale vit le château et ses remparts s’intégrer dans un réseau de défense plus large, incluant des abbayes comme Saint-Gervais, fondée en 992 et affiliée un temps à Cluny. Cette abbaye, située entre l’étang de l’Estomac et la Crau, joua un rôle spirituel et économique complémentaire à la fonction militaire du château. Les remparts, en protégeant ce complexe, assuraient ainsi la sécurité des activités salinières et agricoles, piliers de l’économie locale.
À l’époque contemporaine, les remparts ont survécu aux transformations majeures de Fos-sur-Mer, notamment son expansion industrielle au XXe siècle. Malgré la création de zones portuaires et industrielles à proximité, ces vestiges médiévaux restent un symbole du patrimoine historique de la ville. Leur classement en 1937 souligne leur valeur architecturale et leur rôle dans l’histoire provençale, entre conflits féodaux et développement économique.
Aujourd’hui, les remparts du château de l’Hauture, partiellement conservés, s’intègrent dans un parcours patrimonial incluant la chapelle Notre-Dame-de-la-Mer et l’église Saint-Sauveur. Ils rappellent l’époque où Fos-sur-Mer était un carrefour stratégique entre terre et mer, avant de devenir un pôle industriel majeur en Provence-Alpes-Côte d’Azur.