Fondation de Mont-de-Marsan 1133–1141 (≈ 1137)
Pierre de Marsan établit la ville et son enceinte.
XIIe siècle (2e moitié)
Début des remparts
Début des remparts XIIe siècle (2e moitié) (≈ 1250)
Construction progressive des fortifications.
1585–1590
Édification des Tenailles
Édification des Tenailles 1585–1590 (≈ 1588)
Système défensif commandé par Henri III de Navarre.
1627
Destruction du château de Nolibos
Destruction du château de Nolibos 1627 (≈ 1627)
Ordonnée par Louis XIII.
1726–1777
Démolition des remparts
Démolition des remparts 1726–1777 (≈ 1752)
Modernisation urbaine et suppression des portes.
21 novembre 1942
Classement monument historique
Classement monument historique 21 novembre 1942 (≈ 1942)
Protection des vestiges restants.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les vestiges des remparts ainsi que les trois tours, situés entre la rue Victor-Hugo et la rivière Le Midou (cad. A 328, 329 à 333, 346, 347, 350, 351, 353, 354p, 355, 408, 409, 410) : inscription par arrêté du 21 novembre 1942
Personnages clés
Pierre de Marsan - Fondateur de Mont-de-Marsan
Initiateur des remparts et vicomte.
Henri III de Navarre (Henri IV) - Commanditaire des Tenailles
Renforce les défenses (1585–1590).
Origine et histoire des remparts
Les remparts de Mont-de-Marsan, construits à partir de la deuxième moitié du XIIe siècle, sont les vestiges des anciennes fortifications urbaines. Initiés par Pierre de Marsan entre 1133 et 1141 lors de la fondation de la ville, ils symbolisaient la puissance vicomtale et protégeaient le Bourg-Vieux, centré autour du château et de l’église de la Madeleine. Les murs, hauts d’environ dix mètres, étaient édifiés en pierre coquillière extraite des carrières d’Uchacq, matériau typique des constructions locales. Une charte de franchises accordée par Pierre de Marsan permettait aux habitants de gérer une partie des affaires urbaines en échange de l’entretien des remparts, marquant les prémices d’une organisation municipale.
L’enceinte s’étendait progressivement avec l’expansion de la ville. Le Bourg-Neuf, à l’ouest, intégrait des maisons fortes et une porte Deffenz primitive près de la Douze. Au XIIIe siècle, une seconde enceinte protégeait le Bourg de la Grande Fontaine, incluant une porte vers Saint-Sever et sécurisant le pont sur le Midou. Les fortifications évoluaient avec des éléments comme la Grande Tenaille (1585–1590), commandée par Henri III de Navarre (futur Henri IV), un système de double bastion entouré de fossés. Le quartier portuaire, actif au XVIe siècle, bénéficiait aussi de sa propre enceinte.
La destruction des remparts débuta au XVIIIe siècle, reflétant un changement de perception urbaine : les portes médiévales, jugées étroites, furent abattues entre 1726 et 1777 pour moderniser la ville. Le château de Nolibos et les tenailles avaient déjà été démolis en 1627 sur ordre de Louis XIII. Aujourd’hui, il ne subsiste que des sections de murs, le donjon Lacataye, et des maisons romanes, témoins de ce patrimoine défensif. Les vestiges protégés depuis 1942 incluent trois tours et des portions entre la rue Victor-Hugo et le Midou.
Les remparts illustraient aussi l’organisation sociale médiévale : leur financement participatif (dons de droits de péage) et leur entretien collectif renforçaient la cohésion communautaire. Les portes, nommées d’après leurs destinations (Roquefort, Campet, Tartas), facilitaient les échanges commerciaux et militaires. La pierre ferrugineuse (garluche) utilisée dans certains murs rappelle l’ancienne activité sidérurgique landaise, tandis que les bains publics (XIXe siècle) près des douves évoquent la vie quotidienne après le déclin des fortifications.