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Remparts de Monts-Louis à Mont-Louis dans les Pyrénées-Orientales

Patrimoine classé Fortification de Vauban Patrimoine défensif Rempart

Remparts de Monts-Louis

  • Le Village
  • 66210 Mont-Louis
66210 Mont-Louis, Le Village

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
1659
Traité des Pyrénées
1679
Fondation par Vauban
1681
Achèvement de la citadelle
1793
Renommée Mont-Libre
1948
Premier four solaire
2008
Classement UNESCO
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Sébastien Le Prestre de Vauban - Ingénieur militaire Concepteur de la citadelle
Louis XIV - Roi de France Commanditaire des fortifications
François de Fortia d'Urban - Premier gouverneur Inaugura la place en 1681
Général Dagobert - Commandant révolutionnaire Défit les Espagnols en 1793
Félix Trombe - Scientifique Pionnier du four solaire (1948)

Origine et histoire des remparts

Les remparts de Mont-Louis ont été conçus par l’ingénieur militaire Vauban en 1679 sur ordre de Louis XIV, afin de sécuriser le Roussillon nouvellement annexé après le traité des Pyrénées (1659). Le site, un promontoire naturel surplombant la vallée de la Têt, offrait une position défensive idéale entre la Cerdagne, le Conflent et le Capcir. Vauban y appliqua ses principes d’économie des moyens : peu d’ouvrages côté est (protégé par la rivière), et des défenses renforcées à l’ouest, vers l’Espagne. La construction mobilisa 3 700 soldats, encadrés par des artisans, dans des conditions climatiques rudes. La citadelle, achevée en 1681, pouvait accueillir 2 500 hommes et 300 chevaux, devenant la forteresse la plus haute de France (1 600 m).

La ville de Mont-Louis, créée ex nihilo par Vauban, fut organisée en quatre zones (citadelle, ville haute, ville basse – jamais construite –, et redoute). Son urbanisme sobre intégrait casernes, église, et puits stratégiques comme le puits des Forçats, alimentant la garnison en eau. La citadelle joua un rôle clé lors des conflits avec l’Espagne, notamment en 1793-1794 sous le général Dagobert, qui repoussa les invasions espagnoles pendant la Révolution. Renommée Mont-Libre en 1793, elle retrouva son nom d’origine en 1803. Au XIXe siècle, elle servit de dépôt pour les campagnes d’Espagne, puis de prison et d’hôpital militaire.

Au XXe siècle, Mont-Louis devint un symbole de résistance : refuge pendant la guerre d’Espagne (1936), occupée par les Allemands, puis libérée par les Forces françaises libres. En 1946, la citadelle abritera le 11e Bataillon parachutiste de choc (11e BPC), dissous après la guerre d’Algérie et remplacé en 1964 par le Centre national d’entraînement commando (Cnec), toujours actif. Parallèlement, Mont-Louis s’imposa comme pionnière de l’énergie solaire avec le premier four solaire au monde (1948), précurseur de celui d’Odeillo. Classée à l’UNESCO en 2008 parmi les fortifications de Vauban, la citadelle reste un site militaire actif et un témoignage intact de l’architecture défensive du XVIIe siècle.

L’église Saint-Louis (1733-1737), aux lignes épurées typiques des ingénieurs militaires, et le puits des Forçats (avec sa roue à cage d’écureuil unique) illustrent l’ingéniosité du système vaubanien. Le four solaire, encore en activité, symbolise l’innovation scientifique du site. Aujourd’hui, Mont-Louis, avec ses 153 habitants (2023), allie patrimoine historique, formation militaire d’élite, et tourisme lié à son héritage architectural et énergétique. Son nom rend hommage à Louis XIV, tandis que son histoire reflète les enjeux frontaliers franco-espagnols sur plus de trois siècles.

Liens externes

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