Origine et histoire des remparts
Les remparts de Thouars, situés dans le département des Deux-Sèvres en Nouvelle-Aquitaine, ont été construits principalement aux XIIe et XIIIe siècles pour protéger la ville, alors enclavée entre les territoires des Capétiens et des Plantagenêts. Cette enceinte de près de 4,5 km de long, haute de neuf mètres et renforcée de 37 tours, reflète les tensions géopolitiques de l’époque. Elle était percée de trois grandes portes, dont la Porte au Prévôt, par laquelle Bertrand du Guesclin entra en 1372 après cinq mois de siège, marquant le rattachement définitif de Thouars à la couronne de France.
Au Moyen Âge, Thouars était une vicomté stratégique, contrôlée par une lignée de vicomtes dès le IXe siècle. La ville, détruite en 762 par Pépin le Bref, fut reconstruite et fortifiée pour résister aux conflits entre Français et Anglais. Les remparts, dont il ne reste aujourd’hui que des vestiges comme la tour du Prince de Galles et la tour Porte au Prévôt, symbolisent cette période tumultueuse. Leur architecture mêle des éléments défensifs (tours talutées, poternes) et des adaptations liées aux guerres, comme la destruction partielle lors des conflits du XIVe siècle.
La ville, annexée à la France après 1372, perdit progressivement son autonomie politique, mais ses remparts restèrent un élément clé de son paysage urbain. Au XIXe siècle, certaines parties furent détruites, comme la porte de Paris, pour moderniser la ville. Aujourd’hui classés Monuments Historiques (depuis 1943), ces vestiges rappellent l’histoire militaire et féodale de Thouars, ainsi que son rôle dans les luttes entre Capétiens et Plantagenêts.
Les remparts sont intégrés au patrimoine urbain actuel, visibles notamment près du parc Imbert et le long du Thouet. Leur préservation permet de comprendre l’évolution de Thouars, passée d’une citadelle médiévale à une ville labellisée Ville d’art et d’histoire. Leur étude révèle aussi des techniques de construction caractéristiques des XIIe–XIIIe siècles, comme l’usage de tours à base talutée pour renforcer la stabilité.
La tour Porte au Prévôt, classée, est particulièrement emblématique : elle combine une tour rectangulaire du XIIe siècle et une structure Plantagenêt du XIIIe, illustrant les transitions architecturales de l’époque. La tour du Prince de Galles, quant à elle, servit de prison et de dépôt de vivres, témoignant de la vie quotidienne dans une forteresse. Ces éléments, associés aux fouilles archéologiques locales, offrent un éclairage sur la vie militaire et civile à Thouars au Moyen Âge.
Enfin, les remparts s’inscrivent dans un ensemble patrimonial plus large, incluant le château des ducs de La Trémoille et les églises Saint-Laon et Saint-Médard. Leur histoire est indissociable de celle des vicomtes de Thouars, puis des familles d’Amboise et La Trémoille, qui marquèrent la ville jusqu’à la Révolution. Aujourd’hui, ils constituent un lieu de mémoire et un atout touristique pour Thouars, classée 4 fleurs au concours des villes fleuries.