Origine et histoire des remparts
Les remparts de Vence, construits probablement entre 1230 et 1245 sous l’impulsion de Romée de Villeneuve, forment une enceinte elliptique de 600 mètres autour du centre historique. Leur structure, avec des merlons crénelés et des fentes de tir, reflète une architecture militaire médiévale homogène. La tour du Peyra, haute de 20 mètres et de plan carré, servait initialement de donjon et fut intégrée plus tard au château des Villeneuve, aujourd’hui transformé en musée.
La propriété des remparts a fait l’objet de conflits historiques, notamment entre la communauté de Vence et les seigneurs locaux. Dès 1333, un acte confirme leur appartenance à la commune, mais des litiges persistent jusqu’au XVIIIe siècle, comme le « procès des Regales ». Les remparts, partiellement modifiés au fil des siècles (comblement des fossés au XVe siècle, destruction de tours au XIXe), conservent des traces de leur fonction défensive originale, notamment côté nord où le parement est le mieux préservé.
Cinq portes ponctuent l’enceinte : la porte du Signadour (XIIIe–XIVe siècle), le portail Levis (avec pont-levis), la porte du Peyra (mentionnée dès 1441), la porte d’Orient (ouverte en 1787 après un long conflit juridique), et la porte du Faubourg (1863). Ces ouvertures reflètent l’évolution urbaine et les besoins croissants d’accessibilité. La porte du Signadour, par exemple, combine des éléments gothiques et romans, tandis que la porte d’Orient résulte d’une brèche controversée créée par l’évêque Gabriel François Moreau.
L’analyse architecturale de Jean-Claude Poteur (2012) confirme l’homogénéité de la construction, attribuée à la période 1230–1245, sous Romée de Villeneuve, protégé du comte de Provence Raimond-Bérenger V. Ce dernier céda Vence à Romée en 1230, marquant le début d’une réorganisation administrative et militaire. Les similitudes entre les remparts de Vence et ceux du château de Villeneuve-Loubet, également bâti par Romée, renforcent cette datation. Les créneaux et les dispositifs de tir suggèrent une influence des fortifications contemporaines comme Carcassonne ou Avignon.
Au XVIIe siècle, le château des Villeneuve, adossé à la tour du Peyra, fut réaménagé en logis seigneurial, puis transformé en musée au XXe siècle grâce au legs d’Émile Hugues. Les remparts, inscrits comme monument historique, appartiennent aujourd’hui à la commune. Leur préservation permet d’observer des détails comme les trous de boulins (pour hourds) ou les fenêtres grillagées autorisées en 1333, témoignages des adaptations successives de cette enceinte médiévale.
Les sources historiques manquent pour la période antérieure au XIIIe siècle. Bien que des textes du XVIIIe siècle évoquent une origine romaine, cette hypothèse reste non confirmée par les analyses architecturales. Les remparts actuels, avec leurs cinq portes et leur tracé elliptique, illustrent avant tout une volonté de protection urbaine médiévale, liée à la seigneurialisation de Vence par la famille de Villeneuve.