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Remparts du Quesnoy au Quesnoy dans le Nord

Patrimoine classé Patrimoine urbain Patrimoine défensif Rempart

Remparts du Quesnoy

    Résidence Château Marguerite de Bourgog
    59530 Le Quesnoy
Propriété de la commune
Remparts du Quesnoy
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Remparts du Quesnoy
Crédit photo : Serge Ottaviani - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1527-1553
Modernisation renaissante
1654
Passage sous domination française
1676
Intervention de Vauban
1713
Occupation hollandaise
1878
Reclassement comme fort d’arrêt
1901
Déclassement définitif
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les remparts, ainsi que l'escarpe et la contrescarpe, les demi-lunes, les redoutes et les redans et les autres défenses isolées faisant partie de l'enceinte fortifiée : classement par arrêté du 14 mars 1944

Personnages clés

Charles Quint - Empereur du Saint-Empire Ordonne le murage de la porte Flamengrie (1543).
Sébastien Le Prestre de Vauban - Ingénieur militaire Modernise l’enceinte en 1676 (bastion Royal, orillons).
Philippe II de Croÿ - Gouverneur du Hainaut Bastion éponyme construit en 1533-1534 en son honneur.
Armand François - Ingénieur militaire Exécute les plans de Vauban au Quesnoy.
Raymond Séré de Rivières - Général et ingénieur Renforce la place en 1878 (système défensif moderne).

Origine et histoire

Les remparts du Quesnoy forment un ensemble de fortifications érigé entre le Moyen Âge et le XXe siècle pour protéger la ville, située dans le département du Nord. Leur modernisation débute au XVIe siècle, dans un contexte de rivalité entre le royaume de France et les Pays-Bas bourguignons, puis habsbourgeois. L’apparition de l’artillerie rend alors obsolètes les anciennes défenses médiévales, poussant à la construction de bastions adaptés, comme ceux de Croÿ (1533-1534), de la Reine (1534-1535), et Impérial (1535-1538). Ces premiers ouvrages, inspirés des modèles des Pays-Bas, renforcent des points faibles de l’enceinte sans former un système cohérent.

Entre 1538 et 1553, trois nouveaux bastions sont ajoutés : Vert, César, et une demi-lune (future demi-lune des Suisses), intégrant des innovations comme les places basses et les flancs brisés. Des demi-lunes protègent également les portes de la ville, tandis que des dispositifs d’inondation sont aménagés. Ces travaux reflètent les progrès de la poliorcétique renaissante, marquée par une recherche accrue de flanquement et de résistance aux tirs d’artillerie. La porte de Flamengrie est murée en 1543 sur ordre de Charles Quint, illustrant les enjeux stratégiques de la région.

En 1654, Le Quesnoy passe sous contrôle français après le siège mené durant la guerre franco-espagnole, officialisé par le traité des Pyrénées. Les fortifications, endommagées par les Espagnols, sont réparées, et la porte Saint-Martin est murée. Vauban, mandaté par Louis XIV en 1676, modernise l’enceinte selon son premier système : il régularise les courtines, ajoute le bastion Royal (doté d’un aqueduc pour l’écoulement des eaux), et transforme les flancs de plusieurs bastions en orillons. Il supprime aussi le bastion de Croÿ, remplace les demi-lunes par des contre-gardes, et intègre des poudrières. Ses projets ultérieurs (1698, 1701), incluant des ouvrages à cornes, ne seront cependant pas réalisés.

Aux XVIIIe et XIXe siècles, les remparts subissent des ajustements mineurs : ajout de lunettes, de traverses-abris, et de contremines, notamment après le siège de 1712. Les Hollandais, occupant la ville en 1713, construisent un ouvrage à cornes non revêtu pour protéger le faubourg Faurœulx. Au XIXe siècle, sous l’impulsion de Séré de Rivières (1878), la place est reclassée comme fort d’arrêt : le bastion Royal reçoit un casernement moderne, et des traverses-abris sont ajoutées sur plusieurs bastions. Malgré ces aménagements, l’enceinte est définitivement déclassée en 1901, face à l’obsolescence des fortifications bastionnées.

Classés monument historique en 1944, les remparts du Quesnoy témoignent de près de cinq siècles d’histoire militaire européenne. Leur préservation intégrale permet d’étudier les transitions entre fortifications médiévales, renaissantes, classiques (Vauban), et modernes (Séré de Rivières). Les éléments protégés incluent escarpes, contrescarpes, demi-lunes, et ouvrages détachés, offrant un exemple rare de stratigraphie défensive en France.

Liens externes