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Remparts, enceinte de la ville et ses dépendances dans la Manche

Remparts, enceinte de la ville et ses dépendances

    1 La Truie Qui File
    50170 au Mont-Saint-Michel
Propriété de l'Etat
Remparts, enceinte de la ville et ses dépendances
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Remparts, enceinte de la ville et ses dépendances
Crédit photo : Auteur inconnu - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1204
Destruction par Guy de Thouars
vers 1257
Première porte sous Saint Louis
1311–1314
Enceinte de Guillaume du Château
1386–1410
Renforts par Pierre Le Roy
1417
Enceinte crénelée de Jollivet
1440
Tour Boucle et innovations
1534
Tour Gabriel par Gabriel du Puy
1875
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

1) Courtines et tours des fronts Nord, Est et Sud de l'enceinte. Ces fronts commencent à la tour Claudine au Nord et finissent à la porte du Roi au Sud, en passant par l'échauguette du Nord, la tour du Nord, le bastillon, la tour Boucle, la tour Basse, la tour de la Liberté, la tour de l'Arcade et la tour du Roi. Leurs dépendances sont : les restes du grand degré qui précèdent la barbacane de l'abbaye, le chemin de ronde des remparts avec ses parapets et les escaliers qui le desservent, la fontaine Saint-Symphorien, la tourelle du guet, la maison de l'Arcade, la porte du Roi avec son escalier. 2) Murailles des deux ouvrages dits l'Avancée et le Boulevard, en avant de la porte du Roi. Les dépendances de l'Avancée sont : la porte et la poterne de l'Avancée donnant sur la grève, le corps de garde des Bourgeois avec ses escaliers, l'ancien mur de défense qui sert de soutènement au souterrain dénommé jardin de la Cure. Les dépendances du Boulevard sont : la porte du Boulevardet le chemin de ronde avec escalier d'accès, qui dessert les défenses supérieures, tant au Boulevard que du redan demi-circulaire appuyé au rocher. 3) Murs du Monteux, de Cantilly et de la Pillette. Le premier de ces murs part de la porte du Roi et s'élève du Sud au Nord sur le rocher suivant une ligne légèrement infléchie, vers son milieu. Il a pour dépendance le chemin dit escalier du Monteux. Le mur de Cantilly se détache du précédent, en se dirigeant de l'Est à l'Ouest suivant une ligne brisée qui forme quatre sections. Le mur de la Pillette, après avoir prolongé celui de Cantilly dans la direction Nord-Ouest jusqu'à l'échauguette du midi, point où il se relie à l'enceinte des Fanils, se redresse vers le Nord à l'angle droit et va rejoindre le mur septentrional du jardin du château. Le mur de la Pillette a pour dépendances l'échauguette du midi (cad. AB 11, 44, 45, 49, 53, 57, 66, 76, 81, 82, 114 à 116, 126, 128) : classement par liste de 1875, délimité par arrêté du9 mai 1904

Personnages clés

Guy de Thouars - Chef breton allié de Philippe Auguste Détruisit le Mont en 1204.
Guillaume du Château - 26e abbé (1299–1314) Bâtit première enceinte et tour Nord.
Pierre Le Roy - 30e abbé et chef militaire Renforça défenses (1386–1410).
Robert Jollivet - Abbé-capitaine (successeur de Le Roy) Acheva enceinte crénelée en 1417.
Louis d'Estouteville - Capitaine nommé par Charles VII Améliora fortifications (tour Béatrix, 1440).
Gabriel du Puy - Lieutenant de François Ier Conçut tour Gabriel (1534).

Origine et histoire

Les fortifications du Mont-Saint-Michel correspondent à une enceinte urbaine ceinturant l’îlot rocheux, construite entre les XIIIe et XVIe siècles pour protéger l’abbaye et ses habitants. À l’origine, seule une palissade en bois entourait le mont, sauf l’abbaye déjà fortifiée en pierre. Après les ravages de l’armée bretonne de Guy de Thouars en 1204, les moines décidèrent d’élever une fortification en pierre. Sous Saint Louis (vers 1257), une première porte fut érigée à l’est, marquant le début des défenses avancées.

Au XIVe siècle, l’abbé Guillaume du Château fit construire une enceinte reliant la tour Nord à l’église Saint-Pierre, tandis qu’une garnison permanente fut installée en 1314. La guerre de Cent Ans (XVe siècle) accéléra les renforcements : l’abbé Pierre Le Roy (1386–1410) ajoutait châleteau, barbacane, tours (Corbins, Pénine) et un logis fortifié. Son successeur, Robert Jollivet, acheva en 1417 une enceinte crénelée flanquée de six tours, dont les tours du Roy et de l’Arcade, résistante aux assauts anglais (1424, 1434).

Les innovations défensives se multiplièrent face à l’artillerie : la tour Boucle (1440–1480), avec ses batteries couvertes, préfigura les bastions modernes. Louis d’Estouteville, capitaine nommé par Charles VII, améliora les ouvrages, tandis que la tour Gabriel (1534), dotée d’une cheminée pour évacuer les fumées des canons, illustra l’adaptation aux armes à feu. La porte du Roi, défendue par une demi-lune et un boulevard, devint l’accès unique, protégé par des herses et des « tapecus ». Les remparts, classés dès 1875 et restaurés sous Louis XV (1731), abritaient un bourg médiéval de pêcheurs, commerçants et serviteurs des moines.

Les éléments clés incluent les courtines flanquées de tours semi-circulaires (Claudine, Corbins, Béatrix), les ouvrages avancés comme l’Avancée et le Boulevard, et les murs du Monteux ou de la Pillette. La tour des Corbins, surplombée d’un clocheton, servait de guette et d’escalier vers la « Merveille ». Les dépendances (fontaine Saint-Symphorien, chemin de ronde, escaliers) complétaient ce système défensif, classé au titre des monuments historiques avec ses murailles et bastions.

L’enceinte basse, conçue pour résister aux sièges, symbolise la dualité religieuse et militaire du Mont. Les abbés, aussi chefs de guerre, dirigèrent les travaux, tandis que les rois de France (Philippe Auguste, François Ier) et des capitaines comme Louis d’Estouteville marquèrent son évolution. Malgré les blocus anglais, le Mont resta invaincu, grâce à ses défenses combinant héritage médiéval et adaptations Renaissance.

Liens externes