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Remparts Est à Monpazier en Dordogne

Remparts Est

    80 Le Bourg
    24540 Monpazier
Propriété privée
Crédit photo : MOSSOT - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1700
1800
1900
2000
1274
Projet initial avorté
7 janvier 1284
Contrat de paréage
11 février 1285
Cession des terres
12 avril 1289
Ordre royal
1770
Abandon des remparts
5 octobre 1961
Protection officielle
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Tour (cad. A 266) : inscription par arrêté du 5 octobre 1961

Personnages clés

Édouard Ier - Roi d’Angleterre et duc d’Aquitaine Commanditaire de la bastide et des remparts
Pierre Ier de Gontaut - Seigneur de Biron Cofondateur via le paréage de 1284
Jean de Grailly - Sénéchal du Périgord Superviseur des fortifications
Aymeri de Montferrand - Seigneur local Cède les terres en 1285

Origine et histoire

Les remparts de Monpazier ont été construits pour fortifier la bastide fondée au XIIIe siècle sur le Mons Pacerius, un site stratégique entre Quercy, Périgord et Agenais. Le projet initial, lancé par le roi d'Angleterre Édouard Ier (également duc d'Aquitaine) et le seigneur de Biron via un contrat de paréage en 1284, visait à contrôler cette zone frontalière. La construction des remparts et des fossés débuta avant 1289, date à laquelle Édouard Ier ordonna aux habitants d’achever leurs maisons sous peine d’amende pour financer l’enceinte. La ville, conçue selon un plan orthogonal, était ceinte de murs percés de six portes principales et deux secondaires, flanquées de huit tours-portes et huit tours rondes.

La bastide de Monpazier fut édifiée sur des terres cédées par Aymeri de Montferrand en 1285, remplaçant un projet avorté à Pepicou (1274). Jean de Grailly, sénéchal du Périgord pour le roi d’Angleterre, supervisa les travaux, s’appuyant sur son expérience des fortifications en Terre sainte. Le système défensif incluait un moulin fortifié au nord, tandis que les remparts est et ouest étaient renforcés par des tours de flanquement. Dès 1289, les archives mentionnent l’urgence de clore la ville, suggérant une construction progressive mais rapide pour sécuriser ce carrefour commercial et militaire.

Au XVIIIe siècle, les remparts, bien que toujours debout, étaient laissés à l’abandon. En 1770, un arrêté interdit aux habitants de prélever des pierres, mais cinq ans plus tard, celles-ci servirent à construire l’hôpital et la Maison de charité. Les vestiges des remparts Est, inscrits en 1961, témoignent aujourd’hui de cette architecture défensive médiévale. La bastide, classée Grand Site National en 1991, conserve trois de ses portes d’origine, protégées depuis 1936. Son tracé régulier et ses fortifications en font un exemple emblématique des bastides anglaises en Aquitaine.

Le contexte géopolitique de la fondation de Monpazier est marqué par les tensions entre rois de France et d’Angleterre après le traité de Paris (1259). La création de bastides comme Monpazier, Lalinde ou Beaumont répondait à la volonté d’Édouard Ier de consolider son autorité sur le Périgord méridional et l’Agenais, territoires cédés par Philippe III le Hardi au traité d’Amiens (1279). Ces villes nouvelles, souvent bâties sur des terres seigneuriales (ici, celles de Biron), combinaient développement économique et contrôle militaire, avec des remparts conçus pour résister aux conflits récurrents de la région.

Liens externes