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Remparts, tours et portes de la ville à Dinan en Côtes-d'Armor

Remparts, tours et portes de la ville

  • 33 Rue de la Croix
  • 22100 Dinan
Remparts, tours et portes de la ville
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Remparts, tours et portes de la ville
Remparts, tours et portes de la ville
Crédit photo : Luna04 - Sous licence Creative Commons
Propriété de la commune
10 Rue Général de Gaulle 22100 Dinan

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
XIe siècle
Fondation de Dinan
1265
Achat par Jean Ier le Roux
XIVe siècle
Construction du donjon
1476–1488
Modernisation sous François II
1585–1598
Renforts par le duc de Mercœur
1886
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Remparts, tours et portes de la ville : classement par arrêté du 12 juillet 1886

Personnages clés

Jean Ier le Roux - Duc de Bretagne (1237–1286) Acheteur de Dinan en 1265, initiateurs des fortifications.
François II de Bretagne - Duc de Bretagne (1458–1488) Modernise les remparts face à l’artillerie (1476–1488).
Jean II de Coëtquen - Capitaine de Dinan (1476–1481) Supervise les tours d’artillerie sous François II.
Philippe-Emmanuel de Lorraine - Duc de Mercœur (1558–1602) Renforce les défenses pendant la Ligue (1585–1598).
Thomas Poussin - Ingénieur royal (XVIIe siècle) Conçoit la porte Saint-Louis (1620).

Origine et histoire

Les remparts de Dinan, érigés à partir du XIIIe siècle par les seigneurs locaux puis les ducs de Bretagne, protègent une ville stratégique construite au XIe siècle sur un plateau dominant la Rance. Exploitant des vallées escarpées à l’est et à l’ouest, l’enceinte de 2 650 m (30 ha) suit un quadrilatère irrégulier, renforcé par des fossés et des tours. Au XVe siècle, sous Pierre II et François II, cinq tours d’artillerie en fer-à-cheval (Coëtquen, Penthièvre) modernisent les défenses face à la poudre noire, tandis que les portes (Saint-Malo, Jerzual) sont dotées de boulevards avancés.

La construction débute après l’acquisition de Dinan par Jean Ier le Roux (1265), avec des travaux majeurs au XIVe siècle (donjon, tours, portes). La guerre de Succession de Bretagne (1341–1379) accélère les fortifications, suivies d’une vague de rénovations sous François II (1476–1488), marquant l’apogée militaire du site. Les conflits avec la France (Ligue du Bien public, 1465–1468) poussent à édifier des contrescarpes et à élargir les douves, faisant de Dinan la 3e place forte de Bretagne après Rennes et Nantes.

Au XVIe siècle, le duc de Mercœur, chef des Ligueurs, renforce les remparts en murant des portes (Jerzual, Guichet) et en ajoutant des bastions triangulaires, comme l’éperon devant la tour Saint-Julien. La porte Saint-Louis (1620), percée par l’ingénieur royal Thomas Poussin, facilite l’accès à Rennes, tandis que des galeries souterraines (comme le « souterrain Mercœur ») relient les ouvrages. Ces aménagements tardifs répondent aux besoins logistiques et aux progrès des sièges.

Dès le XVIIe siècle, Dinan perd son rôle stratégique et ses remparts deviennent une prison, négligés malgré des réparations ponctuelles (inspection de 1693). La Révolution française voit une remise en état temporaire face aux menaces vendéennes, mais le XIXe siècle entraîne des destructions (comblement des fossés, démolition de la porte de l’Hôtellerie en 1880). La préservation débute cependant avec le classement aux Monuments Historiques (1886), sauvant l’un des plus grands ensembles fortifiés de France, aujourd’hui ouvert au public.

Les vestiges les plus anciens (fin XIIIe–XIVe siècles) incluent des courtines, la porte Saint-Malo, et la tour Beaufort. Le XVe siècle marque un tournant avec des tours-artillerie (Saint-Julien, Lesquen) avant 1476, puis des plateformes imposantes (Coëtquen, Connétable) intégrant des casemates. Les travaux de 1476–1488, supervisés par Jean II de Coëtquen (capitaine de Dinan), préparent la ville à la guerre franco-bretonne. Les dernières modifications (porte Saint-Louis, bastions) datent des XVIe–XVIIe siècles, avant les démolitions partielles des XVIIIe–XIXe siècles.

Aujourd’hui, les remparts de Dinan, propriété communale, illustrent l’évolution des techniques défensives du Moyen Âge à la Renaissance. Leur état de conservation exceptionnel — unique en Bretagne après la disparition des enceintes de Rennes et Nantes — en fait un site majeur pour l’étude de l’architecture militaire. La Fête des Remparts, créée en 1982, célèbre cet héritage médiéval tous les deux ans, attirant des milliers de visiteurs.

Liens externes

Autres patrimoines et monuments aux alentours