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Restes des arènes gallo-romaines à Limoges en Haute-Vienne

Restes des arènes gallo-romaines

    24 Rue de l'Amphithéâtre
    87000 Limoges
Propriété de la commune
Crédit photo : M. Fayette - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
700
800
1700
1800
1900
2000
Haut Moyen Âge
Début du démantèlement
1718
Enfouissement sous le jardin d’Orsay
1966
Redécouverte des vestiges
8 octobre 1968
Classement monument historique
1998
Ré-ensevelissement des vestiges
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Arènes gallo-romaines (restes) : inscription par arrêté du 3 octobre 1946

Personnages clés

Hadrien - Empereur romain Règne possible du début
Antonin le Pieux - Empereur romain Achevement probable sous son règne
Louis le Débonnaire - Roi des Francs Autorisa prélèvement de matériaux (IXᵉ siècle)
Charles Boucher d’Orsay - Intendant de Limoges (XVIIIᵉ) Responsable de l’enfouissement du site
Maurice Ardant - Historien Hypothèse sur la datation (Hadrien-Antonin)

Origine et histoire

Les arènes de Limoges, appelées aussi amphithéâtre d’Augustoritum, furent construites au IIe siècle sous la dynastie des Antonins, probablement entre le règne d’Hadrien et celui d’Antonin le Pieux. Ce monument elliptique de 137 × 116 m, capable d’accueillir 20 000 à 25 000 spectateurs, se dressait au nord-ouest de la ville gallo-romaine, près des voies reliant Lyon à Saintes et Limoges à Poitiers. Son emplacement, sur une hauteur dominant la Vienne, et sa proximité avec le théâtre soulignent une volonté de monumentalisation urbaine.

À partir du Haut Moyen Âge, l’amphithéâtre, déjà abandonné, servit de carrière pour construire des habitations et des églises, comme la basilique du Sauveur de l’abbaye Saint-Martial. Les ruines, devenues repaire de brigands, furent partiellement arasées au XVIe siècle. Au XVIIIe siècle, l’intendant Boucher d’Orsay fit niveler le site pour créer le jardin d’Orsay, enfouissant les vestiges sous plusieurs mètres de terre. Redécouverts en 1966, ils furent classés monuments historiques en 1968, puis ré-ensevelis en 1998 pour préservation.

De structure creuse similaire à l’amphithéâtre de Nîmes, le monument présentait deux niveaux de 64 arcades en façade, parementés de moellons de migmatite, gneiss ou granite. Aucune trace des gradins n’a été retrouvée, laissant supposer des assises en bois ou en pierre réemployée. Les vestiges actuels, partiellement exhumés (piliers de 2 m de haut), reposent à 5,30 m sous le jardin. L’arène mesurait 64 × 48 m, et 14 entrées donnaient accès aux niveaux inférieurs de la cavea.

Augustoritum, chef-lieu de la civitas des Lémovices, était une cité prospère sur un axe commercial nord-sud, dotée de monuments majeurs (pont, thermes, forum). L’amphithéâtre, symbole de romanisation, illustre l’importance de la ville dans la Gaule romaine. Son déclin débuta avec la chute de l’Empire, marquant le début de son démantèlement pour des usages locaux, avant son oubli progressif jusqu’aux fouilles modernes.

Liens externes