Origine et histoire
Le château de Magnat, situé à Magnat-l'Étrange (Creuse, Nouvelle-Aquitaine), trouve ses origines au XIIe siècle, bâti sur des vestiges gallo-romains par la famille des seigneurs de Ma(i)gnac, des croisés. Ses fondations médiévales, visibles dans l’aile ouest en pierres de taille, contrastent avec les ajouts du XVIIe siècle, notamment le corps de logis rectangulaire, les ailes carrées, et une tour d’escalier ornée d’une balustrade en fer forgé style Louis XIII. L’allée d’honneur pavée, le four banal, et les vestiges du parc complètent cet ensemble, partiellement préservé malgré les pillages post-Révolution.
Au XVIIe siècle, le comte de L’Estrange, ancêtre d’Antoine de Saint-Exupéry, agrandit le château. Après 1789, le monument est abandonné, parcellisé, et réutilisé comme notariat, infirmerie pendant la Première Guerre mondiale, ou entrepôt agricole. Classé Monument Historique en 1943, il est sauvé de la démolition en 1970 par des bénévoles (Union REMPART), obtenant le prix Chefs-d’œuvre en péril en 1972. Les restaurations, interrompues en 1980, reprennent en 2012 avec des scouts et locaux, visant à en faire un lieu culturel et touristique.
Les campagnes de restauration révèlent des éléments remarquables : un escalier à double palier en pierre, des cheminées et boiseries d’époque, ainsi que cinq lucarnes sur la façade sud, typiques de l’architecture régionale. La tempête Lothar (1999) endommage gravement la charpente, mais les chantiers récents (2012–2013) sécurisent les murs, reconstituent des planchers, et dégagent le pavage historique. L’association actuelle promeut le château comme outil éducatif et lieu d’événements, tout en préservant son héritage lié aux L’Estrange et à l’histoire locale.
Le château illustre les transformations d’une seigneurie médiévale en résidence classique, marquée par des réutilisations successives (bureaux, stockage) et une restauration participative. Son escalier, ses lucarnes, et son four banal (vestige d’un tunnel vers les caves) soulignent son rôle passé de centre économique et social. Aujourd’hui, il incarne un patrimoine vivant, mêlant mémoire historique et projets contemporains.