Origine et histoire du Château de la Dobiais
Le château de la Dobiais, situé à Saint-Jean-sur-Couesnon en Ille-et-Vilaine, est un édifice des XVIe et XVIIe siècles, témoignant de l’architecture seigneuriale bretonne. Composé de deux corps de logis, il allie des éléments défensifs (douves, meurtrières) et résidentiels, avec un portail sculpté aux armes de la famille Gédouin, seigneurs des lieux de 1370 à 1672. Le domaine, érigé en marquisat en 1645 pour René Gédouin, président au Parlement de Bretagne, comprenait aussi une chapelle, des dépendances et des métairies.
Le logis principal, de plan rectangulaire, présente une façade sud ornée de fenêtres à meneaux, d’une porte en anse de panier surmontée d’une accolade, et de lucarnes décorées de motifs végétaux. La partie ouest, plus récente (début XVIIe siècle), forme un pavillon avec un oculus et des têtes animales sculptées. À l’intérieur, une grande salle avec cheminée monumentale et un escalier en granite desservaient les étages. Les dépendances, incluant un pigeonnier et un bâtiment habité, encadrent une cour close autrefois protégée par des ponts-levis.
Le château a connu plusieurs propriétaires, des Gédouin (1370–1672) aux Bonnier, puis aux Hay des Nétumières, avant d’être vendu comme bien national en 1794. Au XIXe siècle, une partie des boiseries intérieures, ornées de couronnes de marquis, fut vendue au château de Montaubert, avant de revenir à la Dobiais. Les vestiges, inscrits en 1926, conservent des éléments rares comme le portail à doubles arches et les traces des douves.
L’architecture reflète les évolutions stylistiques entre Renaissance et classicisme : la partie est (fin XVe–début XVIe siècle) arbore des décors gothiques flamboyants (accolades, choux frisés), tandis que la partie ouest (début XVIIe) adopte des formes plus sobres. La chapelle, construite au XVIIe siècle, servit de lieu de culte jusqu’au XVIIIe siècle avant d’être convertie en pressoir. Les archives révèlent aussi l’importance économique du domaine, avec moulins, métairies et droits seigneuriaux.
La Dobiais illustre le déclin des manoirs-fortifiés en fermes : ses défenses (pont-levis, meurtrières) devinrent obsolètes, et son logis fut partiellement démoli au XIXe siècle. Malgré cela, le site conserve des traces de son prestige passé, comme les armes des Gédouin sur le portail ou les boulins du pigeonnier. Aujourd’hui, les vestiges offrent un aperçu de la vie seigneuriale en Haute-Bretagne, entre pouvoir judiciaire (droit de haute justice) et exploitation agricole.