Frise chronologique
XIIe siècle
Première occupation attestée
Première occupation attestée
XIIe siècle (≈ 1250)
Maison mixte et traces de noblesse
milieu du XIVe siècle
Destruction pendant la guerre de Succession
Destruction pendant la guerre de Succession
milieu du XIVe siècle (≈ 1450)
Château rasé puis reconstruit
1489
Prise et destruction par Louis II de la Trémoille
Prise et destruction par Louis II de la Trémoille
1489 (≈ 1489)
Incendie et ruines des communs
XVIe siècle
Ajout d’un bastion d’artillerie
Ajout d’un bastion d’artillerie
XVIe siècle (≈ 1650)
Adaptation aux guerres de la Ligue
1770
Cour transformée en champ de maïs
Cour transformée en champ de maïs
1770 (≈ 1770)
Déclin et abandon progressif
1982–2013
Fouilles et restaurations majeures
Fouilles et restaurations majeures
1982–2013 (≈ 1998)
75 % du site exhumé
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château du Guildo (restes) : inscription par arrêté du 25 juin 1951
Personnages clés
| Charles de Dinan-Montafilan - Seigneur du Guildo (XIVe siècle) |
Commanditaire probable de la reconstruction |
| Françoise de Dinan - Dame du Guildo (XVe siècle) |
Épouse de Gilles de Bretagne puis Guy XIV de Laval |
| Louis II de la Trémoille - Chef militaire français |
Responsable de la destruction en 1489 |
Origine et histoire
Le château du Guildo, situé sur un éperon rocheux dominant l’estuaire de l’Arguenon à Créhen (Côtes-d’Armor), est un château-cour de 3 200 m2 construit principalement au XIVe siècle. Inscrit aux monuments historiques en 1951, il appartient au conseil départemental depuis 1981. Son emplacement stratégique, entre micaschistes et dolérite, en fait un site défensif majeur, bordé par la rivière et des falaises escarpées. Les fouilles archéologiques ont révélé six phases d’aménagement, dont des vestiges du XIIe siècle suggérant une occupation noble précoce, marquée par des structures en pierre et des objets équestres.
La reconstruction du château au XIVe siècle suit sa destruction lors de la guerre de Succession de Bretagne (1341-1364). Le nouveau logis nord, doté de salles sur trois niveaux, d’une cuisine et de communs, reflète une architecture inspirée des réalisations royales françaises. Des peintures murales polychromes (faux appareils, merlettes, fleurettes) découvertes en 2005 dans une chambre basse attestent du raffinement de l’époque. Le puits central et la galerie de bois en façade complètent cet ensemble, révélant un commanditaire de haut rang, probablement lié aux ducs capétiens de Bretagne.
Au XVe siècle, le château subit des transformations majeures sous l’impulsion de Françoise de Dinan, épouse de Gilles de Bretagne puis du comte Guy XIV de Laval. Les communs sont réaménagés pour accueillir des écuries et une maréchalerie, illustrant l’importance du cheval dans la vie noble. La Guerre folle (fin XVe siècle) entraîne une remise en défense urgente : toitures démontées, galeries en bois percées de poteaux, et caves transformées en abris pour chevaux. La destruction violente du site en 1489, lors de la campagne de Louis II de la Trémoille, est confirmée par des niveaux archéologiques et des traces d’incendie.
Au XVIe siècle, seul l’aile orientale est reconstruite, tandis qu’un bastion d’artillerie est ajouté à la fin du siècle pour s’adapter aux guerres de la Ligue. Ce remaniement témoigne de l’évolution des techniques militaires, avec des remparts dans les salles basses et un contrôle renforcé de l’accès à l’Arguenon. Les combats répétés entre 1590 et 1598 soulignent son rôle stratégique, avant un déclin progressif aux XVIIe–XVIIIe siècles : le site, affermé et cultivé (maïs dès 1770), sert même de porcherie avant d’être vendu comme carrière de pierres en 1794.
Depuis 1982, des fouilles et chantiers de restauration (menés par l’association Études et Chantiers Bretagne puis l’Inrap) ont mis au jour 75 % de la superficie du château. Ces travaux, financés par l’État et le département jusqu’en 2013, ont révélé des décors peints uniques et des aménagements liés à la vie quotidienne (forge, écuries). Le site, aujourd’hui en accès libre, propose une reconstitution 3D permettant de visualiser son apogée au XIVe siècle. Les recherches se poursuivent, offrant un éclairage rare sur l’architecture défensive en bois et l’histoire des conflits franco-bretons.