Origine et histoire du Château du Loir
Le château du Loir, situé à Sars-et-Rosières, est un monument historique dont les origines remontent au début du XVe siècle. Construit en brique et grès, il présente un plan massé avec un corps rectangulaire cantonné de quatre tours circulaires. La porte d’entrée, datée de 1401 ou 1404, arbore un linteau sculpté d’armoiries et de motifs cynégétiques. Le décor de brique émaillée, formant des losanges et des croix de Saint-André, orne les deuxième et troisième niveaux. Les fossés, aujourd’hui asséchés, et les archères-canonnières rappellent sa vocation défensive initiale.
Le fief de la Rosière, mentionné dès le XIIIe siècle, voit l’édification du château actuel pour Louis Gossuin, seigneur du Quesnoy. Le domaine reste dans sa famille jusqu’en 1771, date à laquelle il est acquis par Nicolas-Joseph du Buisson, ancien échevin de Douai. Au XIXe siècle, des transformations majeures sont entreprises : Charles-Joseph Duthoit, gendre de du Buisson, remplace les croisées ogivales par des fenêtres classiques, tandis qu’Henri Duthoit, comte et propriétaire à partir de 1885, mène des restaurations néomédiévales (baies à meneaux, porche-pigeonnier, parapet du pont).
Les travaux du XIXe siècle incluent aussi la reconstruction de bâtiments annexes (écuries, logis) et la modification des douves. Un incendie en 1919 détruit les planchers, charpentes et toitures, laissant le château en ruine. Les éléments protégés depuis 1969 témoignent de son architecture hybride, mêlant vestiges médiévaux et ajouts modernes, bien que le site soit aujourd’hui à l’abandon après des décennies de négligence postérieure à sa vente par Henri Duthoit.
La basse-cour, accessible par une allée de tilleuls et un porche-colombier en brique, conserve des traces des aménagements agricoles (étable-écurie, frises en ciment). Le système de fossés, partiellement comblé, et les salles voûtées du soubassement rappellent l’organisation spatiale d’origine. Les tourelles, couvertes de toits en poivrière, et la grande salle du premier étage illustrent la dualité résidentielle et défensive du château, typique des forteresses seigneuriales du Nord de la France.
Les sources du XIXe siècle (Duthilloeul, La Grange et d’Herbommez) décrivent un domaine alors entretenu, avec une cour entourée de dépendances et un logis du XVIIIe siècle remanié. Les restaurations d’Henri Duthoit, bien que critiquables d’un point de vue historique, ont marqué l’aspect actuel du site, avant son déclin au XXe siècle. Aujourd’hui, les restes du château, classés en 1969, offrent un témoignage fragmentaire mais précieux de l’architecture castrale en Hauts-de-France, entre héritage médiéval et interventions modernes.