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Restes du château du Loir à Sars-et-Rosières dans le Nord

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château

Restes du château du Loir

  • A23
  • 59230 Sars-et-Rosières
Propriété privée
453 Rue du Loir 59310 Landas

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
XIIIe siècle
Première mention du fief
1401 ou 1404
Construction du château
1771
Changement de propriétaire
1810
Propriété de C. J. Duthoit
1885-1889
Restauration néomédiévale
1919
Incendie destructeur
1969
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Château du Loir (restes) (cad. A 647) : inscription par arrêté du 21 novembre 1969

Personnages clés

Louis Gossuin - Seigneur du Quesnoy Commanditaire du château au XVe
Nicolas-Joseph du Buisson - Ancien échevin de Douai Propriétaire à partir de 1771
Charles-Joseph Duthoit - Propriétaire et rénovateur Modifie les fenêtres en 1810
Henri Duthoit - Comte et restaurateur Travaux néomédiévaux (1885-1889)

Origine et histoire du Château du Loir

Le château du Loir, situé à Sars-et-Rosières, est un monument historique dont les origines remontent au début du XVe siècle. Construit en brique et grès, il présente un plan massé avec un corps rectangulaire cantonné de quatre tours circulaires. La porte d’entrée, datée de 1401 ou 1404, arbore un linteau sculpté d’armoiries et de motifs cynégétiques. Le décor de brique émaillée, formant des losanges et des croix de Saint-André, orne les deuxième et troisième niveaux. Les fossés, aujourd’hui asséchés, et les archères-canonnières rappellent sa vocation défensive initiale.

Le fief de la Rosière, mentionné dès le XIIIe siècle, voit l’édification du château actuel pour Louis Gossuin, seigneur du Quesnoy. Le domaine reste dans sa famille jusqu’en 1771, date à laquelle il est acquis par Nicolas-Joseph du Buisson, ancien échevin de Douai. Au XIXe siècle, des transformations majeures sont entreprises : Charles-Joseph Duthoit, gendre de du Buisson, remplace les croisées ogivales par des fenêtres classiques, tandis qu’Henri Duthoit, comte et propriétaire à partir de 1885, mène des restaurations néomédiévales (baies à meneaux, porche-pigeonnier, parapet du pont).

Les travaux du XIXe siècle incluent aussi la reconstruction de bâtiments annexes (écuries, logis) et la modification des douves. Un incendie en 1919 détruit les planchers, charpentes et toitures, laissant le château en ruine. Les éléments protégés depuis 1969 témoignent de son architecture hybride, mêlant vestiges médiévaux et ajouts modernes, bien que le site soit aujourd’hui à l’abandon après des décennies de négligence postérieure à sa vente par Henri Duthoit.

La basse-cour, accessible par une allée de tilleuls et un porche-colombier en brique, conserve des traces des aménagements agricoles (étable-écurie, frises en ciment). Le système de fossés, partiellement comblé, et les salles voûtées du soubassement rappellent l’organisation spatiale d’origine. Les tourelles, couvertes de toits en poivrière, et la grande salle du premier étage illustrent la dualité résidentielle et défensive du château, typique des forteresses seigneuriales du Nord de la France.

Les sources du XIXe siècle (Duthilloeul, La Grange et d’Herbommez) décrivent un domaine alors entretenu, avec une cour entourée de dépendances et un logis du XVIIIe siècle remanié. Les restaurations d’Henri Duthoit, bien que critiquables d’un point de vue historique, ont marqué l’aspect actuel du site, avant son déclin au XXe siècle. Aujourd’hui, les restes du château, classés en 1969, offrent un témoignage fragmentaire mais précieux de l’architecture castrale en Hauts-de-France, entre héritage médiéval et interventions modernes.

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