Origine et histoire du Château d'Alleuze
Le château d'Alleuze est un ancien château fort médiéval dont l'origine remonte au XIIe siècle, mais dont les vestiges actuels datent principalement des XIVe et XVe siècles. Situé sur la commune d'Alleuze dans le Cantal, il fut construit sur un promontoire dominant la rivière d'Alleuze, à proximité du barrage de Grandval. Ce château, jamais résidence royale, servait de poste militaire avancé pour défendre la citadelle de Saint-Flour. Il était occupé par des soldats et leurs capitaines, ce qui explique son isolement loin des zones habitées, un facteur qui a contribué à sa préservation partielle malgré les destructions subies.
Au XIIe siècle, le château appartenait à Béraud VIII de Mercœur, connétable d'Auvergne, avant de passer sous le contrôle des évêques de Clermont. En 1277, Guy de la Tour, évêque de Clermont, acquiert le village voisin de la Barge et transforme le château en avant-poste protecteur. Les vestiges actuels du niveau inférieur datent de cette période. Pendant la guerre de Cent Ans, le château fut la cible de mercenaires : en 1382 ou 1383, Aymerigot Marchès ou Bernard de Garlan, selon les sources, s’en empara avec une poignée d’hommes, semant la terreur dans la région. En 1390, Jean de Blaisy négocia son évacuation au nom du roi de France. Pour éviter de nouvelles occupations, les habitants de Saint-Flour incendièrent le château en 1405, avant d’être contraints de le reconstruire en 1411 sur son plan d’origine.
Le château fut à nouveau détruit en 1405 par Pierre Mercier, qui propagea la rumeur d’une prise anglaise, déclenchant une panique à Saint-Flour. La ville perdit le procès qui s’ensuivit et dut financer sa reconstruction. En 1575, les huguenots s’emparèrent du château, et ses tours furent utilisées comme geôles par les évêques de Clermont. Archambaud de Bourbon en fit l’acquisition pour y stationner des soldats chargés de sécuriser Saint-Flour. Aujourd’hui en ruine, le château est inscrit aux monuments historiques depuis 1927 et conserve un plan caractéristique du XIVe siècle : un carré flanqué de tours rondes.
Le site a également servi de décor pour plusieurs films, dont La Grande Vadrouille (1966) et Un homme de trop (1967) de Costa-Gavras. Ces tournages ont contribué à sa notoriété, tout en soulignant son atmosphère médiévale préservée. Les vestiges, accompagnés de la chapelle Saint-Illide reconstruite au XVe siècle, offrent un témoignage architectural et historique de l’époque féodale en Auvergne.
Le château d’Alleuze incarne ainsi une histoire militaire mouvementée, marquée par des conflits, des reconstructions et une fonction stratégique dans la défense régionale. Son isolement géographique et son état de ruine contrôlée en font un monument emblématique du patrimoine médiéval auvergnat, protégé et mis en valeur pour son intérêt historique et touristique.