Origine et histoire
Le château du Tiercent, implanté à l’est de l’église Saint-Martin dans la commune du Tiercent (Ille-et-Vilaine), est un ensemble castral composé d’un donjon médiéval, de ruines, d’un petit logis dit Chambre des Coëtlogon, et d’un grand logis du XVIIe siècle. Le donjon, dernier vestige du château reconstruit au XVe siècle (appelé Vieilles Salles), conserve des mâchicoulis, une cheminée et des fenêtres étroites. Les bâtiments, entourés d’un parc à l’anglaise, reflètent des modifications architecturales des XVIe, XVIIe et XIXe siècles, notamment dans les lucarnes, les frontons et les décors intérieurs.
Le site pourrait occuper un emplacement ancien, évoqué par certaines sources comme un castel romain, bien que la première mention certaine remonte aux seigneurs du Tiercent, connus depuis 1155. Ces derniers conservèrent la seigneurie jusqu’au XVIIe siècle. En 1602, Gilles de Ruellan, trafiquant d’armes devenu conseiller d’État et proche de Richelieu, acquit le domaine et fit construire le grand logis après l’érection de la seigneurie en baronnie (1608). Son patrimoine colossal lui permit d’édifier plusieurs châteaux en Pays de Fougères, dont celui du Tiercent, marqué par des éléments Renaissance et classiques.
Les écuries, construites à la fin du XIXe ou au début du XXe siècle, complètent l’ensemble avec des réemplois de pierres anciennes, dont des armoiries seigneuriales. La métairie et les dépendances agricoles (grange, fournil) datent quant à elles du XVIIe siècle, avec des modifications ultérieures. Le château, inscrit aux Monuments Historiques en 1926, illustre ainsi une stratification architecturale allant du Moyen Âge à l’époque moderne, liée à l’histoire des familles nobles bretonnes.
L’intérieur du grand logis, bien que remanié, conserve des décors des XVIIe et XIXe siècles. La Chambre des Coëtlogon (XVIe siècle) et les ruines adjacentes, comme une fenêtre à coussiège ou une porte en anse de panier, témoignent des transformations successives. Le cadastre de 1833 mentionnait un bâtiment aujourd’hui disparu, perpendiculaire au donjon, soulignant l’évolution du site. La localisation en hauteur, dominant la route vers Saint-Brice-en-Coglès, renforce son caractère stratégique historique.