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Thermes romains d'Amélie-les-Bains à Amélie-les-Bains-Palalda dans les Pyrénées-Orientales

Patrimoine classé
Thermes

Thermes romains d'Amélie-les-Bains

    Chemin du Fort
    66110 Amélie-les-Bains-Palalda
Propriété d'une société privée
Thermes romains dAmélie-les-Bains
Thermes romains dAmélie-les-Bains
Thermes romains dAmélie-les-Bains
Thermes romains dAmélie-les-Bains
Thermes romains dAmélie-les-Bains
Thermes romains dAmélie-les-Bains
Crédit photo : Thérèse Gaigé - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
100
200
800
900
1700
1800
1900
2000
Ier siècle apr. J.-C.
Construction des thermes
869
Mention de l'église Saint-Quentin
1781
Réaménagement des thermes
1830-1940
Modernisation intensive
5 juillet 1905
Classement monument historique
1940
Inondations dévastatrices
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Thermes romains (vestiges) , dans l'établissement thermal : classement par arrêté du 5 juillet 1905

Personnages clés

Charles II le Chauve - Roi des Francs Mentionne l’église Saint-Quentin en 869.
Abbé Castellan - Moine bénédictin Fonde l’abbaye et restaure les sources au VIIIe siècle.
Louis Ier le Pieux - Empereur carolingien Accorde l’immunité à l’abbaye en 820.
Louis-Hyacinthe de Saint-Sauveur - Intendant du Roussillon Réaménage les thermes en 1779.
Isaac Pereire - Homme d’affaires et député Modernise les thermes au XIXe siècle.
Anonyme de Ravenne - Géographe antique Évoque *Aquae Calidae* comme possible identification du site.

Origine et histoire

Les thermes romains d’Amélie-les-Bains, situés dans les Pyrénées-Orientales, datent du Haut-Empire romain, probablement après la première moitié du Ier siècle apr. J.-C.. Leur vocation curative, attestée par des vestiges architecturaux comme des piscines et des salles voûtées, en fait un site thermal majeur de la Gaule Narbonnaise. Le site, mentionné sous le nom Aquae Calidae par l’Anonyme de Ravenne, pourrait correspondre à une agglomération secondaire tournée vers le thermalisme, bien que son emplacement exact dans la vallée du Tech reste hypothétique.

L’abandon des thermes intervient peut-être dès le IIIe siècle, mais leur fréquentation persiste durant l’Antiquité tardive. Au IXe siècle, une église dédiée à Saint-Quentin est construite par des moines bénédictins sur l’emplacement d’une salle thermique, comme en témoigne une charte de Charles II le Chauve en 869. Les vestiges antiques, partiellement détruits au fil des siècles, sont réaménagés à partir du XVIIIe siècle, puis profondément transformés au XIXe siècle pour moderniser l’établissement, entraînant la disparition de l’église en 1932.

Les thermes actuels conservent deux salles romaines : la « grande salle romaine » (22,40 × 12 m), voûtée en plein cintre et dotée d’une piscine centrale comblée, et la « salle de la piscine » (122 m2), entourée de cellules de soins. Ces vestiges, classés monument historique en 1905, illustrent l’ingénierie romaine, avec des systèmes d’alimentation en eau chaude (puits captant des sources) et froide (aqueduc). Les fouilles et restaurations des années 1970 ont permis leur préservation, bien que la plupart des structures antiques aient disparu sous les aménagements modernes.

L’histoire médiévale et moderne du site est marquée par une exploitation continue des sources, malgré des périodes de déclin. Au XIIe siècle, les moines restaurent les griffons et canalisent les eaux, attirant une population autour de l’abbaye. La reine Yolande d’Aragon s’y rend au XIVe siècle pour ses vertus curatives. Au XVIIe siècle, le thermalisme gagne en intérêt scientifique, avec des analyses chimiques des eaux et des aménagements sous Louis XIV. Le XIXe siècle voit une modernisation intense : comblement de la piscine romaine, création de cabinets de bains, et rivalité entre les établissements Hermabessière et Pujade.

Les inondations de 1940 dévasteront une partie d’Amélie-les-Bains, ralentissant l’activité thermale. Rachat en 1977 par la Chaîne thermale du Soleil, les thermes romains, réduits à leurs vestiges, deviennent un symbole du patrimoine gallo-romain en Occitanie. Leur architecture, mêlant voûtes en plein cintre, marbres blancs et systèmes hydrauliques, témoigne de l’importance des thermae dans la vie sociale et médicale antique.

Le site, propriété privée, reste en activité thermale aujourd’hui, alliant héritage romain et usage contemporain. Les vestiges accessibles, intégrés à l’établissement moderne, offrent un rare exemple de continuité fonctionnelle sur plus de deux millénaires, malgré les destructions successives.

Liens externes