Origine et histoire du Château de l'Ortenbourg
Les châteaux d’Ortenbourg et de Ramstein, situés à Scherwiller dans le Bas-Rhin, surplombent la vallée de Villé à 437 m d’altitude. Bâtis entre les XIIe et XIIIe siècles, ils sont classés monuments historiques depuis 1923. Ortenbourg tire son nom de la famille Ortenberg, attestée dès le Xe siècle avec Werner d’Ortenberg, fondateur de la lignée. Le site, accessible uniquement par des sentiers balisés comme le GR5, offre un exemple remarquable d’architecture militaire alsacienne en granit, avec un donjon pentagonal du XIIIe siècle et un fossé profond.
L’histoire d’Ortenbourg débute vers l’an mil avec Werner d’Ortenberg, dont la descendance s’éteint en 1120. Au XIIIe siècle, Rodolphe de Habsbourg, après son mariage avec une héritière de Hohenberg, entreprend une reconstruction majeure du château (1253–1265), interrompue par des conflits locaux. En 1293, Otto IV d’Ochsenstein assiège Ortenbourg et construit Ramstein pour le conquérir, avant que le site ne revienne aux Habsbourg puis aux Müllenheim en 1314. Le château, occupé par des pillards au XVe siècle, change plusieurs fois de mains et est partiellement détruit pendant la guerre de Trente Ans.
Au XVIIIe siècle, la famille de Choiseul en devient propriétaire jusqu’à la Révolution. En 1806, le baron Mathieu de Faviers le restaure avant de le céder à Scherwiller. Depuis 1966, la ville et des associations entretiennent les ruines, tout en réfléchissant à leur préservation. Les vestiges actuels incluent un donjon de 32 m, un logis seigneurial gothique et des défenses en hourds, témoignant de son rôle stratégique.
Les fouilles de 1970 ont révélé des matériaux antérieurs à Rodolphe de Habsbourg, confirmant une occupation ancienne. Le site, lié à des conflits médiévaux (siège de 1293, guerre contre Strasbourg) et à des figures comme Charles le Téméraire ou Pierre de Hagenbach, illustre les enjeux politiques et militaires de l’Alsace. Aujourd’hui, les ruines, accessibles par des sentiers escarpés, offrent un panorama sur la plaine et rappellent l’importance des châteaux-forts dans le contrôle des vallées.
La restauration moderne soulève des questions sur la conservation des ruines, entre respect du patrimoine romantique et adaptation touristique. Les principes dégagés lors des Entretiens du Patrimoine (1990) prônent une approche équilibrée : préservation des paysages, transparence des projets, et intégration du public. Les vestiges, protégés depuis un siècle, restent un symbole de l’histoire alsacienne, entre pouvoir féodal et héritage architectural.