Origine et histoire du Château de Weckmund
Les ruines des châteaux de Weckmund et de Wahlenbourg, situées à Husseren-les-Châteaux (Haut-Rhin), forment un ensemble fortifié du XIIIe siècle, classé parmi les premiers monuments historiques français dès 1840. À l’origine, ce site, appelé château de Haut-Eguisheim, ne comptait qu’une seule enceinte et un donjon unique. Il fut occupé par la famille des comtes d’Eguisheim-Dabo, qui l’agrandit en y ajoutant deux donjons : le Wahlenbourg (milieu XIIe siècle) et le Dagsbourg (actuellement sur la commune d’Eguisheim). Au XIe siècle, leur alliance avec les seigneurs de Vaudémont — dont le nom fut germanisé en Weckmund — conduisit à l’édification d’un troisième donjon au sud, le Weckmund, au XIIIe siècle.
Le château central, le Wahlenbourg, est le plus ancien, avec un donjon en grès rose à bossages et une porte en arc brisé. Au sud, un logis des XIIIe-XIVe siècles et une tour ronde (peut-être du XIVe) complètent l’ensemble. Le Weckmund, construit au XIIIe siècle, comprend un donjon similaire et un logis partiellement conservé, percé de fenêtres. En 1466, les milices mulhousiennes détruisirent le château : seule la chapelle Saint-Pancrace subsista temporairement, aujourd’hui disparue. Les ruines, propriété communale, ont fait l’objet de restaurations répétées, notamment depuis 1973.
Les vestiges actuels révèlent une architecture défensive caractéristique : grès rose à bossages, trous de levage, et portes en plein-cintre ou en arc brisé (comme celle du logis du Wahlenbourg, remontée en 1980). Le site, bien que morcelé, illustre l’évolution d’une forteresse alsacienne médiévale, liée aux rivalités seigneuriales et aux alliances familiales. Les documents d’archives, notamment ceux du château de Dagsbourg à Eguisheim, conservent des traces figurées de ces édifices, aujourd’hui réduits à leurs structures les plus résistantes.