Origine et histoire du Château du Falkenstein
Le château de Falkenstein, édifié au XIe siècle dans les Vosges du Nord, était un fief immédiat de l’Empire, enclavé dans le palatinat du Rhin. Construit par Pierre de Lutzelbourg (maison de Bar-Mousson-Montbéliard) pour protéger ses possessions dans la Forêt Sainte de Haguenau, il est mentionné dès 1127. Son histoire est marquée par des partages successoraux, comme en 1150 entre Folmar de Sarrewerden et les Hohenstaufen, et des conflits familiaux, dont une paix castrale en 1335 divisant le château en trois parts.
En 1458, l’empereur Frédéric offre le Falkenstein au duc de Lorraine Jean en récompense de ses services, sous condition de transmission aux héritiers mâles. Le château change plusieurs fois de mains : vendu en 1667 au duc Charles IV de Lorraine, puis transmis à son fils Charles-Henri de Vaudémont. Malgré sa destruction partielle par un incendie en 1564 (provoqué par la foudre), il reste un symbole de pouvoir. En 1606, après un conflit entre les Hanau-Lichtenberg et la Lorraine, il revient définitivement à cette dernière, bien que ruiné par les guerres (notamment en 1623 et 1676-1677).
Le comté de Falkenstein, réservé lors de la cession de la Lorraine à la France (1736), comprend les villages de Philippsbourg et Baerenthal, réunis à la France en 1794. Le titre de « comte de Falkenstein » devient alors honorifique, porté par François III de Lorraine avant son abdication. Les ruines, classées en 1930, révèlent des vestiges remarquables : portail d’entrée, donjon, salles troglodytiques, et une tour-puits aux fonctions défensives et domestiques. Le site, sécurisé en 2013, abrite aussi des légendes, comme celle d’un tonnelier-fantôme ou d’un incendie de cinq jours.
Architecturalement, le Falkenstein illustre les adaptations médiévales : monte-charge pour la construction, lave-mains alimenté par une fontaine ornée de blasons et d’un masque apotropaïque. Proche du château du Helfenstein, il domine stratégiquement la vallée, reflétant son rôle de contrôle territorial et de résidence seigneuriale. Les fouilles et restaurations récentes ont permis son ouverture au public, mettant en valeur son patrimoine semi-troglodyte unique en Alsace-Lorraine.
Toponymiquement, le château est attesté sous diverses formes : Valkenstein (1317), Falquestenne (1489), ou Falkeinstein (1566), témoignant de son ancrage linguistique et historique dans la région. Son déclin s’accélère après les destructions des XVIIe et XVIIIe siècles, mais son statut de monument historique en fait aujourd’hui un lieu emblématique du parc naturel régional des Vosges du Nord.