Frise chronologique
1297
Fief aux Waldner
Fief aux Waldner
1297 (≈ 1297)
Première mention comme propriété familiale.
1356
Séisme de Bâle
Séisme de Bâle
1356 (≈ 1356)
Dégâts majeurs sur la structure.
Seconde moitié du XIIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
Seconde moitié du XIIIe siècle (≈ 1375)
Château bâti sous double suzeraineté ecclésiastique.
1441
Pillage par Mulhouse
Pillage par Mulhouse
1441 (≈ 1441)
Conflit avec les Waldner.
1525
Incendie pendant la guerre des Paysans
Incendie pendant la guerre des Paysans
1525 (≈ 1525)
Destruction partielle par les révoltés.
1562
Destruction par la foudre
Destruction par la foudre
1562 (≈ 1562)
Effondrement définitif du logis.
1915–1918
Observatoire militaire
Observatoire militaire
1915–1918 (≈ 1917)
Réutilisation durant la Première Guerre mondiale.
1922
Classement monument historique
Classement monument historique
1922 (≈ 1922)
Protection officielle des ruines.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château de Freundstein (ruines) : classement par arrêté du 27 avril 1922
Personnages clés
| Famille Waldner von Freundstein - Propriétaires féodaux |
Détentrice du fief depuis 1297. |
| Abbaye de Murbach - Suzerain ecclésiastique |
Co-propriétaire initial avec l’évêque. |
| Évêque de Strasbourg - Suzerain ecclésiastique |
Partageait la seigneurie du château. |
| Paysans du Sundgau - Révoltés en 1525 |
Auteurs de l’incendie pendant la guerre. |
Origine et histoire
Le château de Freundstein fut édifié dans la seconde moitié du XIIIe siècle sous la suzeraineté conjointe de l’abbaye de Murbach et de l’évêque de Strasbourg. Dès 1297, il est offert en fief à la famille Waldner von Freundstein, qui le conserve encore aujourd’hui, bien que réduit à l’état de ruine. Son architecture sommaire, conçue pour résister aux sièges, repose sur un plan quadrangulaire en moellons de grauwacke, avec des ouvertures en granit. Le site, stratégique, culmine à 927 m sur la route du Vieil-Armand au col Amic.
Dès le XIVe siècle, le château subit des dégradations majeures, aggravées par le séisme de Bâle en 1356. Au XVe siècle, les conflits se multiplient : pillé en 1441 par les Mulhousiens, puis en 1490 par les Soultziens, il est aussi assiégé indirectement via le château de Weckenthal (acquis en 1457 par les Waldner). La guerre des Paysans allemands (1525) provoque un incendie dévastateur, suivi d’un nouvel effondrement après un impact de foudre en 1562. Partiellement restauré au XVIe siècle, il est définitivement abandonné au début du XVIIe siècle.
Au XXe siècle, les ruines sont réutilisées comme observatoire militaire français durant la Première Guerre mondiale (1915–1918), en raison de leur proximité avec la ligne de front. Classé monument historique en 1922, le site conserve des vestiges du donjon-logis, des meurtrières et des murs percés d’ouvertures tardives. Aujourd’hui, il attire les randonneurs pour son panorama et son histoire mouvementée, tandis que la ferme-auberge voisine perpétue son nom.
La construction reflète une double vocation : résidence seigneuriale et ouvrage défensif. Les matériaux locaux (grauwacke pour les murs, granit pour les encadrements) soulignent une adaptation aux ressources du massif vosgien. Malgré son déclin précoce, le Freundstein illustre les luttes féodales alsaciennes, entre familles nobles (Waldner, Wattwiller), cités rivales (Mulhouse, Soultz) et révoltes paysannes, dans un contexte de transition entre droit coutumier et droit romain.
Les sources historiques, comme les travaux de Charles-Laurent Salch ou Gilles Sifferlen, confirment son rôle marginal dans l’architecture castrale alsacienne, marqué par une simplicité fonctionnelle. Les légendes locales et les études du XXe siècle (ex. : Fr. Loutfi-Duportal, 1920) complètent les archives médiévales, souvent lacunaires sur les détails de la vie quotidienne dans ce château partagé entre deux suzerains ecclésiastiques.