Crédit photo : Henri-Édouard Truchot (1798–1822) Autres noms Henr - Sous licence Creative Commons
Frise chronologique
856
Plaid de Neaufles
Plaid de Neaufles
856 (≈ 856)
Charles le Chauve y organise la défense contre les Vikings
1050
Première fortification en bois
Première fortification en bois
1050 (≈ 1050)
Confié à Guillaume Crespin par les ducs de Normandie
1097
Reconstruction en pierre
Reconstruction en pierre
1097 (≈ 1097)
Par Robert de Bellême pour Guillaume le Roux
1160
Renforcement par Henri II
Renforcement par Henri II
1160 (≈ 1160)
Intégré au système défensif plantagenêt
1183
Ligne de châteaux forts
Ligne de châteaux forts
1183 (≈ 1183)
Créée par Henri II le long de l’Epte
1196
Prise par Philippe Auguste
Prise par Philippe Auguste
1196 (≈ 1196)
Traité de Gaillon après invasion du Vexin
1350-1398
Résidence de Blanche de Navarre
Résidence de Blanche de Navarre
1350-1398 (≈ 1374)
Veuve de Philippe VI, donne son nom à la tour
1647
Démantèlement partiel
Démantèlement partiel
1647 (≈ 1647)
Ordre de Mazarin : donjon coupé en deux
17 avril 1926
Classement monument historique
Classement monument historique
17 avril 1926 (≈ 1926)
Inscription du donjon à l’inventaire
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Donjon : inscription par arrêté du 17 avril 1926
Personnages clés
| Charles le Chauve - Roi des Francs |
Organise le plaid de Neaufles en 856 |
| Guillaume Crespin - Seigneur normand |
Reçoit le château vers 1050 |
| Robert de Bellême - Architecte militaire |
Reconstruit le château en 1097 |
| Henri II Plantagenêt - Roi d’Angleterre |
Renforce la forteresse en 1160-1183 |
| Philippe Auguste - Roi de France |
S’empare du château en 1196 |
| Blanche de Navarre - Reine de France, veuve |
Réside au château (1350-1398) |
| Mazarin - Cardinal et ministre |
Ordone le démantèlement en 1647 |
Origine et histoire
Le château de Neaufles-Saint-Martin, édifié au XIIe siècle, était une forteresse stratégique dominant les vallées de l'Epte et de la Levrière, à 800 mètres au nord de l'église locale. Son emplacement sur une crête à 30 mètres de hauteur offrait un panorama étendu et un contrôle militaire sur les accès vers Gisors, face au Vexin français. La tour actuelle, dite « tour de la Reine Blanche », est le vestige d’un donjon circulaire de 13,60 mètres de diamètre, construit vers 1180-1184 avec des murs épais de 2,90 mètres.
Le site abritait déjà une fortification en bois dès 856, mentionnée lors du plaid de Neaufles convoqué par Charles le Chauve pour organiser la défense contre les Vikings. Au XIe siècle, Guillaume Crespin, vassal des ducs de Normandie, en renforce les défenses avec une motte castrale et un fossé profond. Reconstruit en pierre par Robert de Bellême pour Guillaume le Roux en 1097, le château devient un enjeu entre rois de France et d’Angleterre. Henri II Plantagenêt le modernise en 1160 pour bloquer l’accès à la vallée de l’Epte, puis Philippe Auguste s’en empare en 1196 après l’invasion du Vexin normand.
Au XIVe siècle, la reine Blanche de Navarre, veuve de Philippe VI de Valois, y réside jusqu’à sa mort en 1398, donnant son nom à la tour subsistante. Le donjon, seul vestige après Henri IV, est partiellement détruit en 1647 sur ordre de Mazarin, qui le fait couper verticalement en deux. Classé monument historique en 1926, il témoigne aujourd’hui des conflits médiévaux entre Capétiens et Plantagenêts, ainsi que de l’architecture défensive normande.
Le donjon, haut de 20 mètres, présentait quatre niveaux dont un souterrain de 6 mètres et une terrasse sommitale. Ses ouvertures, rares et encadrées de pierre calcaire, contrastent avec ses murs en silex noyés dans un mortier épais. La basse-cour, ceinte de fossés en arc de cercle, s’étendait sur 200 mètres le long de la falaise, illustrant l’adaptation du site à sa topographie naturelle.
Situé à proximité de Gisors, le château servait de point d’appui avancé pour contrôler la frontière entre le Vexin normand et le Vexin français. Sa position stratégique en fit un élément clé des systèmes défensifs plantagenêts, notamment lors de la création d’une ligne de châteaux forts le long de l’Epte en 1183 pour contrer Philippe Auguste.