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Ruines du château de Neaufles-Saint-Martin dans l'Eure

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château fort

Ruines du château de Neaufles-Saint-Martin

    14 Bis Rue de la Tour
    27830 Neaufles-Saint-Martin
Propriété privée
Ruines du château de Neaufles-Saint-Martin
Ruines du château de Neaufles-Saint-Martin
Crédit photo : Henri-Édouard Truchot (1798–1822) Autres noms Henr - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
900
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
856
Plaid de Neaufles
1050
Première fortification en bois
1097
Reconstruction en pierre
1160
Renforcement par Henri II
1183
Ligne de châteaux forts
1196
Prise par Philippe Auguste
1350-1398
Résidence de Blanche de Navarre
1647
Démantèlement partiel
17 avril 1926
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Donjon : inscription par arrêté du 17 avril 1926

Personnages clés

Charles le Chauve - Roi des Francs Organise le plaid de Neaufles en 856
Guillaume Crespin - Seigneur normand Reçoit le château vers 1050
Robert de Bellême - Architecte militaire Reconstruit le château en 1097
Henri II Plantagenêt - Roi d’Angleterre Renforce la forteresse en 1160-1183
Philippe Auguste - Roi de France S’empare du château en 1196
Blanche de Navarre - Reine de France, veuve Réside au château (1350-1398)
Mazarin - Cardinal et ministre Ordone le démantèlement en 1647

Origine et histoire

Le château de Neaufles-Saint-Martin, édifié au XIIe siècle, était une forteresse stratégique dominant les vallées de l'Epte et de la Levrière, à 800 mètres au nord de l'église locale. Son emplacement sur une crête à 30 mètres de hauteur offrait un panorama étendu et un contrôle militaire sur les accès vers Gisors, face au Vexin français. La tour actuelle, dite « tour de la Reine Blanche », est le vestige d’un donjon circulaire de 13,60 mètres de diamètre, construit vers 1180-1184 avec des murs épais de 2,90 mètres.

Le site abritait déjà une fortification en bois dès 856, mentionnée lors du plaid de Neaufles convoqué par Charles le Chauve pour organiser la défense contre les Vikings. Au XIe siècle, Guillaume Crespin, vassal des ducs de Normandie, en renforce les défenses avec une motte castrale et un fossé profond. Reconstruit en pierre par Robert de Bellême pour Guillaume le Roux en 1097, le château devient un enjeu entre rois de France et d’Angleterre. Henri II Plantagenêt le modernise en 1160 pour bloquer l’accès à la vallée de l’Epte, puis Philippe Auguste s’en empare en 1196 après l’invasion du Vexin normand.

Au XIVe siècle, la reine Blanche de Navarre, veuve de Philippe VI de Valois, y réside jusqu’à sa mort en 1398, donnant son nom à la tour subsistante. Le donjon, seul vestige après Henri IV, est partiellement détruit en 1647 sur ordre de Mazarin, qui le fait couper verticalement en deux. Classé monument historique en 1926, il témoigne aujourd’hui des conflits médiévaux entre Capétiens et Plantagenêts, ainsi que de l’architecture défensive normande.

Le donjon, haut de 20 mètres, présentait quatre niveaux dont un souterrain de 6 mètres et une terrasse sommitale. Ses ouvertures, rares et encadrées de pierre calcaire, contrastent avec ses murs en silex noyés dans un mortier épais. La basse-cour, ceinte de fossés en arc de cercle, s’étendait sur 200 mètres le long de la falaise, illustrant l’adaptation du site à sa topographie naturelle.

Situé à proximité de Gisors, le château servait de point d’appui avancé pour contrôler la frontière entre le Vexin normand et le Vexin français. Sa position stratégique en fit un élément clé des systèmes défensifs plantagenêts, notamment lors de la création d’une ligne de châteaux forts le long de l’Epte en 1183 pour contrer Philippe Auguste.

Liens externes