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Ruines du château de Peyrepertuse à Duilhac-sous-Peyrepertuse dans l'Aude

Patrimoine classé Patrimoine défensif Châteaux cathares Les cinq fils de Carcassonne

Ruines du château de Peyrepertuse

  • Route du château
  • 11350 Duilhac-sous-Peyrepertuse
Ruines du château de Peyrepertuse
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Ruines du château de Peyrepertuse
Ruines du château de Peyrepertuse
Crédit photo : ArnoLagrange - Sous licence Creative Commons
Propriété de la commune
11350 Duilhac-sous-Peyrepertuse, Route du château

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
900
1000
1100
1200
1300
1900
2000
IXe siècle
Occupation carolingienne
1020
Première mention du *castrum*
1111
Intégration au comté de Barcelone
1224
Excommunication de Guillaume de Peyrepertuse
1239
Soumission à Louis IX
1242–1251
Construction du donjon Sant Jòrdi
1258
Traité de Corbeil
1908
Classement monument historique
1950
Début des restaurations
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Château de Peyrepertuse (ruines) : classement par arrêté du 19 mars 1908

Personnages clés

Guillaume de Peyrepertuse - Seigneur du château Excommunié en 1224 pour hérésie.
Louis IX (Saint Louis) - Roi de France Ordonne les travaux de 1242.
Jauffroy de Come - Chef de chantier (*massonus operi*) Responsable des travaux au XIIIe siècle.
Arnaud Boname - Ouvrier cité dans les registres Travailleur sur le chantier royal.
Jean de Graves - Seigneur protestant Prend le château en 1542.
Lucien Bayrou - Archéologue et historien A étudié les registres du XIIIe siècle.

Origine et histoire du Château de Peyrepertuse

Le château de Peyrepertuse, surnommé la « Carcassonne céleste », est un château fort médiéval en ruine situé sur la commune de Duilhac-sous-Peyrepertuse, dans le département de l’Aude en région Occitanie. Son nom, d’origine occitane Pèirapertusa (« pierre percée »), évoque sa position spectaculaire sur une crête calcaire à 800 mètres d’altitude, dominant les vallées et les vignobles des Corbières. Intégré aux « Cinq fils de Carcassonne » avec Quéribus, Puilaurens, Termes et Aguilar, il illustre l’architecture militaire défensive du Moyen Âge, avec des vestiges datant des XIe, XIIe et XIIIe siècles.

La première mention d’un castrum à Peyrepertuse remonte à 1020, sous la souveraineté du comté de Besalú. Au XIIe siècle, le site est renforcé par des remparts et une chapelle, avant de devenir une forteresse royale après la croisade des Albigeois. En 1242, Saint Louis ordonne la construction du donjon Sant Jòrdi, accessible par un escalier vertigineux taillé dans la roche, et modernise les défenses pour en faire un bastion frontalier face au royaume d’Aragon. Le traité de Corbeil (1258) fixe la frontière au sud du château, consolidant son rôle stratégique jusqu’au XVIIe siècle.

Les fouilles archéologiques ont révélé des vestiges datant du Ier siècle av. J.-C., attestant d’une occupation ancienne. Le site, classé monument historique en 1908, a fait l’objet de restaurations à partir de 1950. Aujourd’hui, ses ruines impressionnantes, incluant l’église Sainte-Marie, des citernes et des remparts, attirent près de 100 000 visiteurs annuels. Peyrepertuse est également candidat à l’inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO, aux côtés d’autres châteaux cathares et de la cité de Carcassonne.

Le chantier de reconstruction du XIIIe siècle, documenté par un registre comptable royal, révèle une organisation complexe : ouvriers spécialisés (maçons, charpentiers, tailleurs de pierre), paysans réquisitionnés, et matériaux locaux (pierre, bois, métal). Les noms des artisans, comme Jauffroy de Come (chef de chantier) ou Arnaud Boname, témoignent d’une main-d’œuvre diverse, incluant des travailleurs venus d’autres régions (Breton, Poitevin). Le site, abandonné après la Révolution, a été vendu comme bien national en 1820 avant sa mise en valeur patrimoniale.

Peyrepertuse incarne l’histoire mouvementée des conflits médiévalux, de la croisade des Albigeois aux tensions franco-aragonaises. Son architecture, adaptée à la topographie escarpée, en fait un exemple remarquable de forteresse « imprenable ». Le passage dérobé, l’escalier Saint-Louis, et les systèmes de défense (barbacane, archères, poterne) illustrent l’ingéniosité militaire de l’époque. Le château, propriété communale, reste un symbole du patrimoine occitan et un lieu de mémoire des cathares.

La topographie du site, avec ses falaises abruptes et son escalier taillé dans la roche, en fait aussi un spot prisé des grimpeurs. Les visiteurs peuvent explorer les deux esplanades (est et ouest), le donjon vieux avec l’église Sainte-Marie, et le donjon Sant Jòrdi, offrant un panorama exceptionnel sur les Corbières. Par temps d’orage, l’accès est interdit en raison des risques liés à la foudre et à la glisse sur les escaliers. Une variante du sentier cathare permet de rallier le château depuis le village.

Liens externes

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