Origine et histoire du Château de Pymont
Le château de Pymont, construit au milieu du XIIIe siècle par la famille de Vienne, est mentionné pour la première fois en 1237 (ou 1256 selon les sources). Implanté sur une butte surplombant Lons-le-Saunier de 100 mètres, il s’étendait sur 5 000 m2, dont 2 800 m2 protégés par un rempart. Sa construction mobilisa une main-d’œuvre locale nombreuse (tailleurs de pierre, charpentiers, forgerons), financée par les Vienne, famille puissante de la région. Un accord de 1253 entre les Vienne et les Chalon interdit la construction de nouveaux châteaux dans le val de Lons, soulignant son coût exorbitant.
Au XIVe siècle, le château changea plusieurs fois de mains. En 1364, un système d’alerte par cornes fut établi entre Pymont, Montaigu et Lons-le-Saunier pour se prémunir des attaques. En 1369, Marguerite de Vienne, dame de Pymont, le céda à Hugues II de Chalon-Arlay, son beau-frère. Le château fut brièvement pris en 1361 par les Grandes compagnies sous Jacques Huet, avant d’être repris. En 1385, Hugues II en fit donation à son demi-frère Jean bâtard de Chalon. La peste noire frappa le site en 1349, et Philippe II de Vienne y fut excommunié en 1340 pour fausse monnaie.
Le château se composait d’un donjon au nord, protégé par une chemise (seconde enceinte) et accessible par un pont-levis, et d’une basse-cour au sud, abritant garnison et réfugiés. Une citerne de 24 m3 assurait l’approvisionnement en eau. Les sols étaient ornés de carreaux de terre cuite vernissés, certains formant des rosaces bicolores. L’artisanat local incluait la métallurgie (fer, cuivre, plomb) et la tabletterie (os, bois de cerf), avec des objets recyclés en dés ou manches d’outils. La nourriture reposait sur l’élevage (porc, bœuf, agneau), la chasse (cerf, sanglier) et la pêche (carpe, perche), complétée par une activité viticole aux abords.
Abandonné progressivement, le château fut vendu à plusieurs reprises entre les XVe et XIXe siècles, avant de devenir une propriété privée. Ses ruines, peu visibles et non accessibles au public, furent classées Monument Historique en 1994. Elles témoignent aujourd’hui d’un site archéologique majeur du bas Moyen Âge comtois, illustrant la vie seigneuriale, l’artisanat et les systèmes défensifs de l’époque.