Frise chronologique
1280
Première destruction
Première destruction
1280 (≈ 1280)
Rasé avant reconstruction en 1286.
1286
Reconstruction
Reconstruction
1286 (≈ 1286)
Par l’évêque de Strasbourg, allié des Habsbourg.
Fin XIIe - Début XIIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
Fin XIIe - Début XIIIe siècle (≈ 1325)
Château bâti pour chasser les brigands.
1375-1390
Restauration médiévale
Restauration médiévale
1375-1390 (≈ 1383)
Travaux sous Frédéric de Blankenheim.
1517
Seigneurie à Durckheim
Seigneurie à Durckheim
1517 (≈ 1517)
Wolf Eckbrecht chargé de restaurer.
1545-1547
Modernisation artillerie
Modernisation artillerie
1545-1547 (≈ 1546)
Adaptation aux canons pour Durckheim.
1663
Incendie dévastateur
Incendie dévastateur
1663 (≈ 1663)
Reconstruction partielle ensuite.
1680
Destruction française
Destruction française
1680 (≈ 1680)
Ordre de Louis XIV, troupes de Monclar.
1984
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1984 (≈ 1984)
Inscription des ruines.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les ruines du château (cad. 33 7, 8) : inscription par arrêté du 28 décembre 1984
Personnages clés
| Hohenstaufen - Dynastie impériale |
Initiateurs présumés de la construction. |
| Évêque de Strasbourg (allié des Habsbourg) - Propriétaire médiéval |
Reconstruit le château en 1286. |
| Famille de Lichtenberg - Seigneurs gardiens |
Gèrent le château dès 1301. |
| Frédéric de Blankenheim - Évêque de Strasbourg |
Supervise la restauration (1375-1390). |
| Reinhard de Deux-Ponts-Bitche - Comte et suzerain |
Accorde le fief à Durckheim en 1517. |
| Wolf Eckbrecht de Durckheim - Seigneur et restaurateur |
Modernise le château (1545-1547). |
| Louis XIV - Roi de France |
Ordonne la destruction en 1680. |
| Monclar et Melac - Généraux français |
Dirigent la destruction du château. |
Origine et histoire
Le château de Schoeneck, édifié probablement à la fin du XIIe ou au début du XIIIe siècle, fut initialement construit pour chasser les brigands qui s’y réfugiaient. Détruit vers 1280, il fut reconstruit en 1286 sous l’impulsion de l’évêque de Strasbourg, allié des Habsbourg, qui en confia la garde à la famille de Lichtenberg avant de l’inféoder aux Schoeneck. Ce site stratégique, situé sur une barre rocheuse à 380 mètres d’altitude, devint un enjeu politique et militaire dans la région.
Au XIVe siècle, le château fut restauré entre 1335 et 1390 sous la supervision de l’évêque Frédéric de Blankenheim et de Jean IV de Lichtenberg. Les travaux visaient à renforcer sa structure, notamment après des partages successoraux conflictuels. En 1464, l’électeur palatin Frédéric s’en empara temporairement, arguant d’une mauvaise gestion par Jacques de Lichtenberg, dernier seigneur en titre.
Au XVIe siècle, le comte Reinhard de Deux-Ponts-Bitche confia la seigneurie à Wolf Eckbrecht de Durckheim en 1517, chargeant ce dernier de restaurer et moderniser le château pour résister à l’artillerie. Entre 1545 et 1547, des bastions et canonnières furent ajoutés. Après l’extinction des Deux-Ponts-Bitche en 1570, le château passa aux comtes de Hanau-Lichtenberg. Un incendie en 1663 ravagea les lieux, suivi d’une reconstruction partielle par les Durkheim.
La destruction définitive intervint en 1680, lorsque les troupes françaises de Louis XIV, dirigées par Monclar et Melac, rasèrent le château. Après la Révolution, les ruines furent acquises par la famille de Dietrich, puis transmises aux de Pimodan. Depuis 1984, les vestiges sont classés Monuments Historiques et font l’objet de fouilles et consolidations par l’association Cun Ulmer Grün.
Le site conserve des éléments remarquables : une porte ogivale à bretèche, deux bastions du XVIe siècle, des logis seigneuriaux aux fenêtres à frises lombardes, et une courtine rectiligne. Une légende locale évoque des chevaliers fantômes, gardiens d’un trésor enfoui, tandis que des fouilles (1881, 1981, 2003) ont révélé des artefacts comme un linteau de bouche à feu daté de 1676.
Aujourd’hui, les ruines de Schoeneck, accessibles par des sentiers balisés depuis Dambach, offrent un témoignage architectural des adaptations militaires médiévales et renaissantes. Leur préservation permet d’étudier les techniques de construction en grès local et les stratégies défensives face à l’évolution des armes à feu.