Origine et histoire du Château de Schoeneck
Le château de Schoeneck, édifié probablement à la fin du XIIe ou au début du XIIIe siècle, fut initialement construit pour chasser les brigands qui s’y réfugiaient. Détruit vers 1280, il fut reconstruit en 1286 sous l’impulsion de l’évêque de Strasbourg, allié des Habsbourg, qui en confia la garde à la famille de Lichtenberg avant de l’inféoder aux Schoeneck. Ce site stratégique, situé sur une barre rocheuse à 380 mètres d’altitude, devint un enjeu politique et militaire dans la région.
Au XIVe siècle, le château fut restauré entre 1335 et 1390 sous la supervision de l’évêque Frédéric de Blankenheim et de Jean IV de Lichtenberg. Les travaux visaient à renforcer sa structure, notamment après des partages successoraux conflictuels. En 1464, l’électeur palatin Frédéric s’en empara temporairement, arguant d’une mauvaise gestion par Jacques de Lichtenberg, dernier seigneur en titre.
Au XVIe siècle, le comte Reinhard de Deux-Ponts-Bitche confia la seigneurie à Wolf Eckbrecht de Durckheim en 1517, chargeant ce dernier de restaurer et moderniser le château pour résister à l’artillerie. Entre 1545 et 1547, des bastions et canonnières furent ajoutés. Après l’extinction des Deux-Ponts-Bitche en 1570, le château passa aux comtes de Hanau-Lichtenberg. Un incendie en 1663 ravagea les lieux, suivi d’une reconstruction partielle par les Durkheim.
La destruction définitive intervint en 1680, lorsque les troupes françaises de Louis XIV, dirigées par Monclar et Melac, rasèrent le château. Après la Révolution, les ruines furent acquises par la famille de Dietrich, puis transmises aux de Pimodan. Depuis 1984, les vestiges sont classés Monuments Historiques et font l’objet de fouilles et consolidations par l’association Cun Ulmer Grün.
Le site conserve des éléments remarquables : une porte ogivale à bretèche, deux bastions du XVIe siècle, des logis seigneuriaux aux fenêtres à frises lombardes, et une courtine rectiligne. Une légende locale évoque des chevaliers fantômes, gardiens d’un trésor enfoui, tandis que des fouilles (1881, 1981, 2003) ont révélé des artefacts comme un linteau de bouche à feu daté de 1676.
Aujourd’hui, les ruines de Schoeneck, accessibles par des sentiers balisés depuis Dambach, offrent un témoignage architectural des adaptations militaires médiévales et renaissantes. Leur préservation permet d’étudier les techniques de construction en grès local et les stratégies défensives face à l’évolution des armes à feu.