Frise chronologique
1247
Alexander de Dicka nommé avoué
Alexander de Dicka nommé avoué
1247 (≈ 1247)
Usurpation du titre à l’abbaye d’Andlau.
milieu du XIIIe siècle
Construction présumée
Construction présumée
milieu du XIIIe siècle (≈ 1350)
Attribuée à Alexander de Dicka, frère de l’évêque.
1386
Extinction des Dicke
Extinction des Dicke
1386 (≈ 1386)
Mort de Walter de Dicke à Sempach.
1432
Prise par Étienne de Bavière
Prise par Étienne de Bavière
1432 (≈ 1432)
Contexte et issue mal connus.
vers 1550
Incendie du château
Incendie du château
vers 1550 (≈ 1550)
Probablement par des bourgeois de Barr.
18 décembre 1967
Classement monument historique
Classement monument historique
18 décembre 1967 (≈ 1967)
Protection officielle des ruines.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château de Spesbourg (ruines) (cad. 27 14) : classement par arrêté du 18 décembre 1967
Personnages clés
| Alexander de Dicka - Constructeur présumé et avoué |
Frère de l’évêque Heinrich de Dicka. |
| Heinrich de Dicka - Évêque de Strasbourg |
A nommé Alexander avoué d’Andlau. |
| Walter de Dicke - Dernier héritier des Dicke |
Mort à la bataille de Sempach. |
| Famille d'Andlau - Propriétaires à partir de 1386 |
Détient le château jusqu’au XIXe siècle. |
| Étienne de Bavière - Preneur du château en 1432 |
Conflit mal documenté. |
Origine et histoire
Le château du Spesbourg est un château fort en ruines situé sur la commune d’Andlau, dans le Bas-Rhin (Grand Est). Construit probablement dans la seconde moitié du XIIIe siècle, il est attribué à Alexander de Dicka, frère de l’évêque de Strasbourg Heinrich de Dicka. Ce dernier lui confie en 1247 le titre d’avoué de l’abbaye d’Andlau, usurpé un an plus tôt. La propriété du château est partagée avec les Werd, landgraves de Basse-Alsace, sous forme de fief oblat, une manœuvre politique pour sécuriser sa légitimité sur des terres impériales.
La moitié du château appartenant aux Dicke reste dans leur famille jusqu’à l’extinction de la lignée en 1386, après la mort de Walter de Dicke à la bataille de Sempach. Dès 1352, l’autre moitié est détenue en fief par les Andlau, qui en deviennent les seuls propriétaires après 1386. Le château est mentionné comme leur propriété en 1439, malgré une prise éphémère par Étienne de Bavière en 1432, facilitée par l’absence de réserves.
Au XVIe siècle, le Spesbourg sert de demeure à l’écoutète d’Andlau jusqu’à son incendie vers 1550, probablement causé par des bourgeois de Barr en représailles à un viol commis par un habitant du château. Abandonné ensuite, il est utilisé comme carrière entre le XVIIIe et le XIXe siècle. Classé monument historique en 1967, il est aujourd’hui propriété communale et fait l’objet de restaurations depuis les années 1980.
Le site, perché à 460 m d’altitude, domine la vallée de l’Andlau et se compose d’un haut-château bien conservé, incluant un donjon et un logis seigneurial, et d’une basse-cour en contrebas. Son architecture en granite, à l’exception des fenêtres en grès, reflète les techniques défensives médiévales. L’accès, protégé par un fossé taillé dans la roche, était contrôlé par une barbacane et une rampe au sud-est.
La toponymie du château, Spesbourg (francisation de l’allemand Spesburg), dérive du moyen haut-allemand Spehtzberg (« montagne des pics »), en référence à la forme de la montagne. Ce nom illustre l’ancrage linguistique et géographique alsacien du monument, marqué par des influences germaniques et françaises.
Vendu en 1830 par les Andlau au baron Hallez, puis légué à la commune en 1904, le Spesbourg a bénéficié de fouilles archéologiques dans les années 1960. L’Association pour sa restauration, créée en 1985, a permis plusieurs campagnes de consolidation, préservant ainsi ce témoignage de l’histoire féodale alsacienne.