Frise chronologique
1027
Passage sous domination souabe
Passage sous domination souabe
1027 (≈ 1027)
Contrôlé par le duc Ernest II de Souabe.
XIe siècle
Fondation du château
Fondation du château
XIe siècle (≈ 1150)
Construit par Hugues III d'Eguisheim pour protéger l'abbaye d'Altorf.
1219–1226
Agrandissement par Frédéric II
Agrandissement par Frédéric II
1219–1226 (≈ 1223)
Reconstruction et extension du château.
1633
Premier incendie
Premier incendie
1633 (≈ 1633)
Destruction partielle pendant les conflits.
1657
Rasement par les Français
Rasement par les Français
1657 (≈ 1657)
Fin des destructions militaires majeures.
1790
Vente du château
Vente du château
1790 (≈ 1790)
Passage à des propriétaires privés après la Révolution.
1898
Classement monument historique
Classement monument historique
1898 (≈ 1898)
Protection officielle des ruines.
1968–1971
Travaux controversés
Travaux controversés
1968–1971 (≈ 1970)
Consolidation partielle avec béton et abandon.
2015
Création d'une association
Création d'une association
2015 (≈ 2015)
Début des efforts de restauration actuels.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château Guirbaden (ruines) : classement par arrêté du 6 décembre 1898
Personnages clés
| Hugues III d'Eguisheim - Fondateur du château |
Protégea l'abbaye d'Altorf au XIe siècle. |
| Ernest II - Duc de Souabe et d'Alsace |
Prend le contrôle en 1027. |
| Frédéric II - Empereur du Saint-Empire |
Agrandit le château (1219–1226). |
| Frédéric de Rathsamhausen - Propriétaire au XVIIe siècle |
Répara le château après l'incendie de 1633. |
| Famille de Rohan - Derniers propriétaires nobles |
Posséda le château avant 1790. |
Origine et histoire
Le château de Guirbaden, édifié au XIe siècle sur un site antérieurement occupé par les Romains, fut fondé par Hugues III d'Eguisheim pour protéger l'abbaye d'Altorf. Dès 1027, il passa sous la domination du duc de Souabe Ernest II, puis fut agrandi par l'empereur Frédéric II entre 1219 et 1226. Ce château fort, le plus vaste d'Alsace, subit cinq siècles de conflits : incendié en 1633, réparé en 1647 par Frédéric de Rathsamhausen, puis rasé par les Français en 1657. Il appartint finalement à la famille de Rohan avant d'être vendu en 1790 et classé monument historique en 1898.
Au XIXe siècle, le château changea plusieurs fois de mains. En 1968, un entrepreneur alsacien entreprit des travaux controversés : démontage de la porte [19], consolidation de la façade ouest avec du béton recouvert de pierres des remparts, avant d'abandonner le chantier en 1971. Dans les années 1990, un nouveau propriétaire sécurisa l'accès au donjon, devenu dangereux. Depuis 2015, une association œuvre pour sa restauration, tandis que l'accès au donjon reste interdit en raison des risques d'effondrement.
Les ruines, couvertes de végétation, révèlent un plan complexe séparé par un fossé transversal. À l’est, le donjon [23] et le palais roman (logis seigneurial) avec ses fenêtres en plein cintre et chapiteaux romano-byzantins dominent la cour [16]. À l’ouest, l’esplanade [5] abrite la chapelle Saint-Valentin (XIIe siècle, restaurée au XIXe) et la Tour de la Faim [6], une imposante tour carrée. Les murs en grès rose à bossage, adaptés aux armes à feu (canonnières), témoignent des évolutions militaires. Une légende locale lie le château aux Templiers et à un trésor enfoui, symbolisé par le sort tragique de deux jumeaux avides.
Classé dès 1898, le château illustre l’architecture défensive médiévale alsacienne, marquée par des phases de construction successives (XIIe–XIVe siècles) et des influences variées, de l’empereur Frédéric II aux évêques de Strasbourg. Son état actuel, entre ruines et restaurations partielles, en fait un site emblématique pour les amateurs d’histoire et de randonnée, accessible depuis Mollkirch ou Grendelbruch par des sentiers pédestres.