Origine et histoire
Le château de Montoire, aujourd’hui en ruines, est un ancien château fort situé sur la commune de Montoire-sur-le-Loir, dans le département de Loir-et-Cher. Bâti sur une colline surplombant le Loir, il contrôlait un pont stratégique et la voie de passage locale. Ses origines remontent probablement aux IXe-Xe siècles, avec un premier édifice fortifié contre les attaques vikings, bien que sa première mention écrite date du début du XIe siècle.
Au XIe siècle, le château dépend du comté de Vendôme. Le seigneur Nihard en reçoit la charge en 1033, suivi par Hamelain de Langeais, qui érige vers 1080 le premier donjon en pierre. Ce dernier est modifié au XIIe siècle, avec un abaissement du plancher et des ouvertures retravaillées. La forteresse, prise à deux reprises (par Richard Cœur de Lion puis Philippe Auguste), devient un enjeu stratégique. À la fin du XIIe siècle, Jean IV de Vendôme, issu de la lignée des Montoire-Vendôme, renforce le donjon avec une chemise polygonale.
Aux XIIIe et XIVe siècles, sous l’influence de la comtesse Alix de Bretagne (veuve de Bouchard VI de Vendôme), le château subit d’importants travaux : adjonction de deux tours polygonales, d’une tour semi-circulaire, et d’un logis seigneurial avec cheminées monumentales. Une cuisine-boulangerie est aussi aménagée dans un ancien fossé. Ces transformations reflètent peut-être des influences bretonnes. Alix y décède en 1377, et le château passe ensuite aux Bourbon-Vendôme après l’extinction de la lignée directe.
Au XVe siècle, Louis Ier de Bourbon-Vendôme modernise partiellement le château, notamment la courtine sud et la tour sud-ouest, inspirées par l’architecture de plaisance des ducs d’Anjou et de Berry. Charles VII y séjourne en 1448. Cependant, à partir du XVIe siècle, le château est délaissé par les ducs de Vendôme, servant surtout de source de revenus. Henri IV, alors roi de Navarre, en reprend brièvement le contrôle en 1589 avant de le confier à Gilles de Chambray, puis de le faire partiellement démanteler en 1593.
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, le château, réduit à l’état de carrière de pierres, tombe dans l’oubli. Au XIXe siècle, la mode des ruines romantiques suscite un regain d’intérêt : la commune rachète les vestiges en 1847 pour les préserver. Classé monument historique en 1862, le site reste cependant peu étudié comparé à d’autres châteaux du Vendômois. Les premières descriptions archéologiques détaillées n’apparaissent qu’au XXe siècle, notamment grâce aux travaux d’Édouard Gatian de Clérambault sur le donjon.
Aujourd’hui, les ruines conservent un donjon rectangulaire à contreforts, entouré d’une enceinte polygonale flanquée de tours. Le site, propriété communale, illustre l’évolution de l’architecture castrale du Moyen Âge à la Renaissance, ainsi que les enjeux politiques liés au comté de Vendôme.