Origine et histoire du Château d'Ochsenstein
Le château de l’Ochsenstein, situé à Reinhardsmunster dans le Bas-Rhin, est un ensemble fortifié médiéval bâti sur trois éperons de grès : le Grand Ochsenstein, le Petit Ochsenstein et le château de Wachelheim. Construit à la fin du XIIe siècle, il contrôlait un passage stratégique entre la plaine d’Alsace et la Lorraine, défendu par la puissante famille d’Ochsenstein, vassale de l’évêché de Metz. Son architecture reflète son rôle militaire et seigneurial, avec donjons, citernes et murs adaptés aux armes à feu.
La première mention d’un seigneur d’Ochsenstein remonte à 1187 avec Bourcard (Burchardus), signataire d’une charte de Frédéric Barberousse. En 1217, Otton I partage ses domaines entre ses fils : Otton II hérite du Grand Ochsenstein, Erberhard du château de Wachelheim, et Conrad de Greifenstein. Le château, plusieurs fois détruit et reconstruit (notamment en 1382 par Strasbourg), devient un enjeu politique. Otton IV, Landvogt impérial, le modernise, mais les conflits avec le margrave de Bade et l’évêque de Strasbourg affaiblissent la lignée.
Au XVe siècle, la famille d’Ochsenstein s’éteint progressivement. Georges I, fait prisonnier à deux reprises, ruine financièrement la seigneurie. En 1485, sa sœur Cunégonde, épouse d’Henri de Deux-Ponts-Bitche, hérite du domaine, malgré les contestations de Guillaume de Ribeaupierre. Le château, hypothéqué en 1527, est racheté en 1555 par Jacques de Deux-Ponts-Bitche, qui le rénove avant qu’un incendie ne le réduise en ruines en 1559. Les pierres serviront plus tard à construire un rendez-vous de chasse.
Les ruines, classées Monument Historique en 1898, révèlent encore des vestiges remarquables : un donjon polygonal du XIIIe siècle, une citerne voûtée, une tour circulaire adaptée aux armes à feu, et des escaliers taillés dans le rocher. Le Grand Ochsenstein, séparé en deux parties, abritait un logis seigneurial et une chapelle. Le site, accessible par un sentier forestier, domine la forêt de Saverne à 584 mètres d’altitude, offrant un panorama sur les vallées environnantes.
Le déclin du château s’accélère avec les guerres du XVIIe siècle. En 1632, le passage des troupes suédoises achève sa destruction. Au XVIIIe siècle, ses pierres sont réutilisées pour des constructions locales. Aujourd’hui, les ruines illustrent l’histoire mouvementée de l’Alsace médiévale, marquée par les rivalités féodales, les alliances impériales et l’adaptation architecturale aux progrès militaires.