Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Église Saint-Nicolas à Givors dans le Rhône

Rhône

Église Saint-Nicolas

    1 Rue de l'Église
    69700 Givors
Église Saint-Nicolas
Église Saint-Nicolas

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1820
Construction initiale
1891-1893
Transformation majeure
1986
Classement de l'orgue
1991
Protection des verrières
janvier 2025
Inscription de l'édifice
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

L’église Saint-Nicolas située place de l’église, sur la parcelle n° 94, figurant au cadastre section AT : inscription par arrêté du 31 janvier 2025

Personnages clés

Nicolas-Joseph-Henri Bolot - Maire de Givors (1815-1827) et maître-verrier Donna terrain et fonds pour la construction.
Jacques Vanginaud - Architecte-voyer de Givors Auteur des plans initiaux (1820).
Joseph-Étienne Malaval - Architecte lyonnais Dirigea la transformation (1891-1893).
Lucien Bégule - Maître verrier lyonnais Auteur de vitraux (ex. *La Cène*, 1888).
Joseph Merklin - Facteur d’orgues parisien Créa l’orgue classé en 1986.

Origine et histoire

L’église Saint-Nicolas de Givors, située place de l’Église dans le département du Rhône, fut construite en 1820 sur les plans de l’architecte-voyer Jacques Vanginaud, grâce au don du terrain et des fonds par Nicolas-Joseph-Henri Bolot, maire de 1815 à 1827 et maître-verrier. Dédiée au patron des bateliers du Rhône, elle répondait à l’insuffisance des églises existantes pour une population en croissance, liée à l’activité industrielle florissante de la ville.

Entre 1891 et 1893, l’édifice fut profondément remanié par l’architecte lyonnais Joseph-Étienne Malaval, élève de Clair Tisseur. Le style gréco-romain fut affirmé, avec une façade à tours symétriques inspirée de la cathédrale Saint-Vincent de Mâcon, et un intérieur mêlant détails néo-byzantins (arcs outrepassés) et néo-romans (chapiteaux à feuillage). Les murs en pisé de mâchefer, technique locale utilisant des résidus industriels, témoignent de cette époque.

L’église abrite un ensemble exceptionnel de 17 verrières du XIXe siècle, signées par des maîtres verriers comme Lucien Bégule (Lyon) ou Émile Thibaud (Clermont-Ferrand). Quatre tableaux des XVIIe et XVIIIe siècles (dont deux classés monuments historiques : Le Christ guérissant l’aveugle-né de Daniel Sarrabat, 1730, et L’Adoration des bergers d’Henri Houyez, 1626) complètent ce patrimoine. L’orgue Merklin (1865), classé en 1986, et les vitraux (protégés dès 1991) soulignent son importance artistique.

La protection de l’édifice intervint tardivement : les verrières furent classées en 1991, mais l’église elle-même ne fut inscrite aux monuments historiques qu’en janvier 2025. Des restaurations récentes (depuis 2020 pour les vitraux, travaux de façade en 1990) ont préservé son authenticité, comme la réhabilitation des tuiles en terre cuite et des enduits à faux-joints.

Architecturalement, l’église se distingue par son plan basilical (nef et collatéraux), son transept non débordant, et son abside en hémicycle. L’extérieur néo-classique, marqué par une double-colonnade, contraste avec un intérieur sobre mais orné, où les consoles des arcs-doubleaux allient influences néo-byzantines et néo-romanes. Ce monument incarne ainsi à la fois l’héritage religieux, industriel et artistique de Givors.

Liens externes