Origine et histoire de la Sainte-Chapelle
La Sainte-Chapelle de Champigny-sur-Veude, construite à partir de 1499 et achevée au XVIe siècle, est l’une des sept Saintes-Chapelles de France. Commandée par Louis de Bourbon, prince de la Roche-sur-Yon, elle servait de chapelle funéraire à la famille de Bourbon-Montpensier. Son architecture mêle gothique tardif (voûtes à liernes) et Renaissance, avec une nef à trois travées et une abside à cinq pans. Les galeries latérales, ajoutées par Louis III de Montpensier, permettent d’accéder aux chapelles seigneuriales sans perturber les offices.
Les vitraux, offerts en 1543 par le cardinal Claude de Longwy (oncle de Jacqueline de Longwy, épouse de Louis III), racontent sur trois niveaux la Passion du Christ, la vie de saint Louis, et la généalogie des Bourbons-Montpensier. Inspirés des Faiz de Monseigneur Saint Louis (vers 1480), ils symbolisent les prétentions dynastiques des Bourbons après la trahison du connétable Charles III. Endommagés en 1711, descellés pendant la Révolution, puis restaurés à plusieurs reprises (1864, 1974-1975), ces vitraux sont classés Monuments historiques dès 1840.
Le château adjacent, détruit en 1635 par Richelieu pour des raisons politiques, fut sauvé in extremis grâce à l’intervention de l’évêque de Poitiers et du pape Urbain VIII, qui y avait officié. La chapelle, classée en 1911, est le seul vestige majeur du domaine. Ses communs, datés de 1545, présentent des tours cylindriques et un pavillon central. Le porche, marqué des dates 1549 et 1558, témoigne des phases finales de construction.
L’attribution des cartons des vitraux à Jean Cousin (proposée en 1899 par l’abbé Bossebœuf) reste controversée, faute de preuves tangibles. Les verrières des chapelles seigneuriales, disparues au XIXe siècle, complétaient initialement cet ensemble exceptionnel, reflet de l’art du vitrail Renaissance et des ambitions politiques des Bourbons.
La chapelle illustre aussi les tensions entre noblesse et pouvoir royal : confisquée par François Ier après la trahison du connétable de Bourbon, elle incarne la résilience d’une lignée qui accédera finalement au trône avec Henri IV. Son sauvetage en 1635, malgré la destruction du château, souligne son importance symbolique et religieuse.