Achat du terrain 1872 (≈ 1872)
Charles Boulart acquiert cinq hectares à Biarritz.
1872–1881
Construction du château
Construction du château 1872–1881 (≈ 1877)
Dirigée par Duc puis Roux après 1879.
1930–1974
Collège Notre-Dame de Sion
Collège Notre-Dame de Sion 1930–1974 (≈ 1952)
Transformation en établissement scolaire.
29 octobre 1975
Classement MH
Classement MH 29 octobre 1975 (≈ 1975)
Façades et toitures inscrites à l’ISMH.
2015
Acquisition actuelle
Acquisition actuelle 2015 (≈ 2015)
Rachat par Pierre et Brigitte Delalonde.
2016–2017
Restauration majeure
Restauration majeure 2016–2017 (≈ 2017)
Dégagement des cartouches et mosaïques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures : inscription par arrêté du 29 octobre 1975
Personnages clés
Joseph Louis Duc - Architecte en chef
Concepteur du château, Grand Prix de Rome.
François Roux - Architecte collaborateur
Acheva la construction après 1879.
Charles Boulart - Commanditaire
Maître de forges et député des Landes.
Eugène Oudinot de la Faverie - Maître verrier
Auteur du triptyque et vitraux (1871).
Tony Robert-Fleury - Peintre
Auteur des cartouches mythologiques (découverts en 2016).
Marthe Darricau - Épouse de Charles Boulart
Fille de l’intendant de Napoléon III.
Origine et histoire
Le château Boulard, initialement nommé Villa à Biarritz puis Folies Boulart par les locaux, fut édifié entre 1872 et 1881 sur un terrain de cinq hectares acquis par Charles Boulart, maître de forges et député des Landes. Conçu par Joseph Louis Duc — architecte renommé du Palais de Justice de Paris et lauréat du Grand Prix de Rome — le projet mêle éclectisme architectural, combinant motifs Renaissance (frontons triangulaires, mascarons) et éléments méditerranéens (loggia, tour octogonale). Duc, décédé en 1879 avant l’achèvement des travaux, fut relayé par son collaborateur François Roux, qui mena le chantier à terme en intégrant des innovations comme un chauffage central à air chaud ou un monte-charges.
La villa incarne le faste de la haute bourgeoisie impériale : Charles Boulart, gendre de l’intendant de Napoléon III, Charles Darricau, et petit-fils par alliance du général Augustin Darricau, y reçoit l’élite européenne. Le château, doté d’un atrium à huit colonnes de marbre, d’un escalier à double révolution orné de ferronneries dragonnesques, et d’une coupole italienne éclairée par des vitraux signés Eugène Oudinot de la Faverie (1871), symbolise le luxe technologique et artistique de l’époque. Les mosaïques frioulanes, les marbres issus de 34 carrières différentes, et les peintures mythologiques de Tony Robert-Fleury (découvertes en 2016) témoignent d’un mécénat exigeant.
Transformé en collège par l’institution Notre-Dame de Sion de 1930 à 1974, le domaine — initialement de cinq hectares — fut progressivement morcelé. Classé à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1975 pour ses façades et toitures, le château fut acquis en 2015 par Pierre et Brigitte Delalonde, qui entreprirent une restauration minutieuse : dégagement des cartouches du Grand Salon, restauration des vitraux et mosaïques, et reconstitution des éléments de toiture disparus. Aujourd’hui, il reste un unicum de l’architecture éclectique française, marqué par son histoire familiale et ses locataires prestigieux, comme l’historien J.E. Courtenay Bodley (ami d’Oscar Wilde) ou l’ambassadeur américain John G.A. Leishman.
L’édifice illustre aussi l’essor de Biarritz comme station balnéaire mondaine, impulsé par l’impératrice Eugénie. Napoléon III y avait bâti la Villa Eugénie (détruite en 1903), attirant têtes couronnées et artistes. Le château Boulard, avec son belvédère offrant une vue à 360°, s’inscrit dans cette tradition de résidences d’exception, mêlant intimité familiale et réception de personnalités, comme le roi de Suède Oscar II ou le roi d’Angleterre Edward VII, invités par les locataires successifs.
Architecturalement, la villa se distingue par son plan carré asymétrique, rythmé par des saillies (bow-window, tour ronde coiffée d’un dôme), et son porche néo-Renaissance ouvrant sur un escalier voûté. Le triptyque vitré en trompe-l’œil, représentant un jardin de treillage, et les vitraux de la coupole — inspirés du cuir découpé médiéval — soulignent l’influence d’Oudinot de la Faverie, maître verrier primé à l’Exposition universelle de 1878. Les dépendances (écuries, théâtre, pavillon de gardien) complétaient un domaine conçu pour allier confort moderne (égouts, citerne souterraine) et représentation sociale.
La restauration récente a permis de révéler des éléments cachés, comme les sculptures des écoinçons du fronton nord ou les quatre toiles mythologiques du plafond du Grand Salon, attribuées à Tony Robert-Fleury. Ces découvertes, couplées à la conservation exceptionnelle des mosaïques (dissimulées jusqu’en 1987) et des marbres, confirment la valeur patrimoniale du site. Le château, aujourd’hui propriété privée, perpétue son rôle de témoin de l’âge d’or biarrois, entre héritage industriel (les forges de Castets des Boulart) et rayonnement culturel.
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