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Château-Neuf d'Allinges en Haute-Savoie

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Demeure seigneuriale
Château fort
Haute-Savoie

Château-Neuf d'Allinges

    Le Bourg 
    74200 Allinges

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
Xe siècle
Construction initiale
1203-1204
Premières mentions
1288
Perte du siège de châtellenie
1325
Siège par Guigues VIII
1355
Traité de Paris
1536-1567
Occupation bernoise
1570
Érection en comté
1703
Démantèlement
1832
Achat par Mgr Rey
2011
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Rodolphe II de Bourgogne - Roi de Bourgogne Fondateur du château au Xe siècle.
Rodolphe III de Bourgogne - Successeur de Rodolphe II Restaure le château.
Pierre II de Savoie - Comte de Savoie Unit les deux châteaux d’Allinges (XIIIe).
Amédée VIII de Savoie - Comte puis duc de Savoie En fait un siège de châtellenie.
Guigues VIII de Viennois - Dauphin de Viennois Assiège le château en 1325.
Édouard de Savoie - Comte de Savoie Victoire contre les dauphinois (1325).
Saint François de Sales - Évêque et missionnaire Séjour en 1594–1595 pour prêcher.
Baron d'Hermance - Commandant de la place Renforce les fortifications (1570).
Victor-Amédée II - Duc de Savoie Ordonne le démantèlement (1703).
Mgr Rey - Évêque d'Annecy Achète les ruines en 1832.

Origine et histoire

Le château d'Allinges-Neuf, ou Château-Neuf, est un ancien château fort des Xe-XIe siècles situé sur la commune d'Allinges, en Haute-Savoie (région Auvergne-Rhône-Alpes). Ses ruines, partagées avec celles du Château-Vieux sur la « butte des châteaux », dominent le village d’une hauteur de 200 mètres, offrant une vue stratégique sur Thonon-les-Bains et le Léman. Le site était accompagné d’un bourg ceint de murailles, aujourd’hui presque disparu, et accessible depuis le sud par l’avenue des Châteaux ou depuis Allinges par la rue d’en Haut.

Edifié au Xe siècle par le roi de Bourgogne Rodolphe II, puis restauré par Rodolphe III, le château devient au XIIIe siècle le siège d’une châtellenie savoyarde majeure sous Amédée VIII, avant de perdre ce rôle au profit de Thonon en 1288. Au milieu du XIIIe siècle, Pierre II de Savoie unit les deux châteaux d’Allinges par son mariage avec Agnès de Faucigny. Cependant, la rivalité entre la Savoie et les dauphins de Viennois, héritiers des Faucigny, plonge les deux forteresses dans près de 70 ans de conflits (milieu XIIIe–milieu XIVe siècle), marquées par des sièges répétés, des bombardements et des réparations successives.

Les hostilités culminent en 1325 lorsque le dauphin Guigues VIII, allié à Hugues de Faucigny et Amédée III de Genève, assiège le château. La résistance savoyarde, menée par le comte Édouard, permet une victoire décisive. Les combats cessent enfin en 1355 avec le traité de Paris, qui rattache le Faucigny à la Savoie. Le château, centre d’une châtellenie couvrant une vingtaine de paroisses, voit son rôle administratif décliner après 1288, bien qu’il reste un enjeu militaire jusqu’au XVIIe siècle. Occupé par les Bernois (1536–1567), puis par les Français (1600, 1630, 1690, 1703), il est finalement démantelé en 1703 sur ordre du duc Victor-Amédée II pendant la guerre de Succession d’Espagne.

Au XIXe siècle, les ruines sont acquises en 1832 par Mgr Rey, évêque d’Annecy, pour y établir une maison de la congrégation des Missionnaires de Saint-François-de-Sales. Le site, toujours propriété des missionnaires, abrite une chapelle castrale ornée de fresques romanes du XIe siècle (Christ en majesté, saints, vertus cardinales) et les vestiges d’une tour maîtresse carrée de 14 mètres de côté. Classé monument historique en 2011, le château témoigne de l’architecture militaire médiévale et de son rôle dans les luttes féodales du Chablais.

Le château se compose de deux parties : une enceinte ancienne (Xe–XIe siècles) autour d’un donjon aujourd’hui rasé, et une enceinte polygonale plus récente (fin XIIe–début XIIIe siècle), attribuée aux comtes de Savoie. Cette dernière abrite les ruines d’un logis comtal et de la chapelle. Saint François de Sales y séjourna en 1594–1595, prêchant pour ramener la population au catholicisme après l’occupation protestante bernoise. Le site, symbole des tensions régionales, illustre aussi l’évolution des châtellenies savoyardes, passées d’un rôle militaire à une fonction judiciaire après le XVIe siècle.

La châtellenie d’Allinges-Neuf, érigée en comté en 1570, regroupait dix paroisses (Allinges, Anthy, Armoy, etc.) et relevait du bailliage du Chablais. Son déclin s’amorce avec le transfert du siège à Thonon en 1288, motivé par le dynamisme économique de cette dernière. Les châtelains, officiers nommés par les comtes de Savoie, y percevaient les revenus fiscaux et assuraient l’entretien du château, secondés parfois par un receveur des comptes. Après 1567, leur rôle se limite à la justice, la défense étant confiée à des gouverneurs militaires.

Liens externes